Arthur

Le pouvoir et la royauté
Danielle Quéruel

Il est impossible de savoir si le roi Arthur a réellement existé. Les plus anciennes chroniques qui racontent l’histoire de la Grande-Bretagne, aux Ve-VIe siècles, ne le mentionnent pas. C'est dans un poème gallois du VIIe siècle, le Goddodin, qu'un personnage nommé Arthur apparaît pour la première fois. Il y incarne un modèle de bravoure dans une défaite infligée aux Bretons par des Angles qui envahissent la Grande-Bretagne.
Est-ce le même personnage cité vers 800 dans l'Historia Brittonum de Nennius ? Selon ce chroniqueur, un certain Arthur aurait aidé le roi des Bretons à combattre l'invasion des Saxons et aurait remporté une victoire remarquable, tuant neuf cent soixante ennemis. Arthur n'est encore qu'un "chef de guerre" (dux bellorum) breton parmi d'autres, mais il s'impose comme étant chrétien. Dans la huitième des douze batailles où il triomphe, Arthur porte sur ses épaules l’image de la Vierge Marie, "et les païens furent massacrés en grand nombre grâce à Notre Seigneur Jésus Christ et sainte Marie sa mère".

Arthur, roi chrétien

Dans la seconde moitié du Xe siècle, les Annales Cambriæ mentionne qu'Arthur a battu les Saxons au mont Badon en 516. Au cours de la bataille, il aurait porté pendant trois jours et trois nuits une relique de la Sainte Croix sur ses épaules ainsi que l'image de la Vierge.
Quand le mythe prend forme au XIIe siècle, Guillaume de Malmesbury (vers 1125) revient à l’image de la Vierge qu’Arthur aurait fait coudre sur ses armoiries avant la bataille du mont Badon. C’est également la version de Geoffroy de Monmouth (vers 1155), qui apporte cependant de nouvelles précisions : l’épée d’Arthur, forgée dans l’île d’Avalon, s’appelle Caliburn, sa lance Ron, son écu porte le nom de Prydwen et l’image de la Vierge se trouve à l’intérieur. De plus, Geoffroy raconte que le couronnement d’Arthur est célébré par l’archevêque Dubrice à Silchester.
Ainsi s'est constituée une légende qui fait d'Arthur un héros national et chrétien. Le seul élément vraisemblable est donc qu'au VIe siècle, Arthur aurait été un chef de guerre courageux grâce à qui les envahisseurs de la Bretagne auraient été repoussés.

Hypothèses étymologiques

Le nom d'Arthur pourrait provenir du latin Artorius, nom d'un officier romain – Lucius Artorius Castus – qui aurait vécu en Angleterre aux IIe-IIIe siècles. Ce légionnaire se serait distingué dans la lutte des Romains contre les Pictes, un peuple autochtone d'Ecosse. Présumé d'origine dalmate, Artorius aurait rapporté avec lui de Croatie l'emblème du dragon.
On évoque aussi une racine celtique pour le nom d'Arthur : art ou ars signifiant "ours", qui est alors le roi des animaux (avant d'être supplanté plus tardivement par le lion), ainsi qu'un animal emblématique celte symbolisant la force et la stabilité.
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