Lancelot-Graal (Estoire, Merlin, Suite du Merlin). Histoire d'Outremer et du roi Saladin avec La Fille du comte de Ponthieu et L'Ordre de chevalerie interpolés
Blaise met par écrit ce que lui raconte Merlin
Douai, vers 1285
Parchemin, [3]-354-[1] f. (3 col., 48 lignes), 235 x 317 mm
Provenance : une note sur le dernier f. indique que le ms. fut prêté par Pierre des Essarts au duc de Normandie (le futur roi Jean II le Bon, duc de Normandie entre 1332 et 1350) ; au XVe siècle en la possession de Jean de la Rivière, seigneur de Champlemy, mort en 1468, devenu chevalier en octobre 1449 en compagnie de Jean, seigneur d'Aigreville, possesseur du ms. Le Mans 354
BnF, Manuscrits, français 770 (f. 236 v°-237)
© Bibliothèque nationale de France
Ce manuscrit transmet une version de l'Estoire contenant des interpolations tirées du Joseph de Robert de Boron, la même version que celle de Le Mans, BM, 354. Deux autres manuscrits appartiennent à ce groupe textuel : Chantilly, musée Condé, ms. 476 (644) et Saint-Pétersbourg, BNR, ms. F.v.XV.5. - dont le texte se poursuit dans le manuscrit Oxford, Bodl. Rawlinson Q.b.6.-, ce qui montre bien la circulation complexe des textes arthuriens. L'enlumineur est un peintre de Douai que l'on retrouve dans des productions destinées aux abbayes de la région, mais également dans deux copies du Lancelot-Graal (Oxford, Bodl., Digby 223 et Londres, BL Add. 17344). On reconnaît son style à ses petits personnages trapus, d'expression simple.
Copié sur trois colonnes par un écrivain anonyme, ce manuscrit privilégie les miniatures aux initiales historiées. Il présente une ample série d'illustrations pour le Merlin et sa Suite. Dans ce dernier texte, Merlin joue le rôle principal sous la direction de son tuteur Blaise, qui met par écrit tout ce que l'enchanteur lui raconte. Ici, un messager venu de Grèce annonce l'invasion des Saxons : les dix rois chrétiens lèvent une armée contre eux et remportent la victoire à Clarence. Peu de temps après, Arthur épousera Guenièvre, la fille du roi Léodagant.
Le contenu du manuscrit laisse supposer qu'il a été commandé par un mécène laïc proche des maisons des comtes de Ponthieu ou de Flandre : en effet, les textes qui suivent le Lancelot mettent en avant l'histoire mythique des comtes de Ponthieu et de la maison de Béthune (les comtes de Flandre), qui prétendaient avoir Saladin parmi leurs ancêtres.
 
 

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