Une Enfance d'Arthur
Le Chevalier au Papegau
France, début du XVe siècle
Parchemin, 75 f., 210 x 150 mm
Provenance : famille de Tournon, dans la région lyonnaise ; acheté par Châtre de Cangé ; entré à la Bibliothèque du roi en 1733
BnF, Manuscrits, français 2154 (f. 1)
© Bibliothèque nationale de France
Le roman du Chevalier au Papegau ("perroquet", en ancien français) date de la fin du XIVe ou du début du XVe siècle. Il utilise un schéma narratif classique (celui des aventures qualifiantes d'un jeune chevalier anonyme), qu'on retrouve notamment dans Le Bel Inconnu, de Renaud de Bâgé et, de manière encore plus proche, dans le roman allemand Wigalois, de Wirnt von Grafenberg.
Le Chevalier au Papegau est le seul roman arthurien dont le héros soit Arthur lui-même. Il raconte une aventure du jeune roi : le jour même de son couronnement, une demoiselle se présente à la cour pour demander secours au nom de sa dame, attaquée par un chevalier qui vit dans la mer, le Poisson Chevalier. Durant son errance chevaleresque, le roi reçoit en don un perroquet merveilleux, qui l'accompagne. Au terme d'un an d'aventures et après une périlleuse navigation, il revient enfin à la cour : les aventures de la Table ronde peuvent commencer. Le Chevalier au Papegau appartient donc à la longue série des romans appelés Enfances, qui racontent, de manière rétrospective, la jeunesse d'un héros dont les exploits en tant qu'adulte sont déjà bien connus.
Ce roman atypique ne ressemble en rien aux grands cycles comme le Lancelot-Graal, le Tristan en prose ou Perceforest, qui étaient en vogue à l'époque de sa composition. Il s'inscrit plutôt, malgré le choix de la prose, dans la tradition des romans brefs en vers des XIIe-XIIIe siècles, consacrés à un épisode de la vie d'un chevalier. Il en reprend de nombreux motifs : la charrette d'infamie du Lancelot, le prix de beauté dont la récompense est un oiseau (comme dans Érec et Énide, Durmart le Gallois ou Le Bel Inconnu), les fées, les monstres et les hommes sauvages... Le fait qu'il en subsiste un seul manuscrit (même si les Gonzague en possédaient un autre exemplaire dans leur bibliothèque de Mantoue, en 1407) montre toutefois que cette tentative de renouvellement du genre - à laquelle appartient également, à peu près à la même époque, le Méliador - resta sans lendemain.
 
 

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