Tapisserie représentant Arthur
Arthur, noble et preux chrétien
Atelier de la Marche ?, vers 1525-1540
Laine et soie, 3240 x 3260 mm
Provenance : probablement exécutée pour Pierre Paen, lieutenant du sénéchal du Poitou, pour son château de Chauray (Saint-Maixent) ; coll. Dr Berthet (Saint-Maixent) entre 1889 et 1892 ; coll. Jacques Siegfried (1892-1904) ; legs à l'Institut en 1904
Château de Langeais, propriété de l'Institut de France, cl. J. M. Laugery
Six tapisseries des Preux furent identifiées à la fin du XIXe siècle dans le château de Chauray (Saint-Maixent, Deux-Sèvres) : elles appartenaient originellement à une tenture des Preux comprenant neuf pièces. Arthur y est figuré comme un vieillard à barbe blanche, sur son cheval, en armure de parade. Deux hommes d'armes richement vêtus l'accompagnent, l'un tenant la bride du cheval, l'autre le suivant. Arthur apparaît sur un îlot semé de fleurs, à la manière des mille fleurs flamandes de la fin du Moyen Âge ; à l'arrière-plan, deux villes émergent derrière des buttes, complétant ainsi l'évocation de ses trois royaumes, Angleterre, Bretagne, Écosse. Ses armoiries aux trois couronnes d'or se détachent sur le fond azur de la housse de son cheval. Dans la bordure supérieure, un écriteau en minuscules gothiques l'identifie : Artus noble et preux crestien suis Qui troys royaulmes par force conquis. Dedans Athènes fis chercher maint écrit Pour soustenir la loy de Jesus Christ. Le style assez fruste évoque les xylographies par lesquelles le thème des Neuf Preux se diffusa aux XVe et XVIe siècles, mais qui ne semblent avoir servi de modèles ni aux cartons de cette série de Preux, ni aux quatrains qui accompagnent chaque tapisserie. En tout cas, si le dessin en est assez médiocre, la tenture devait en imposer par la taille héroïque des Preux. Elle est très typique de la popularité de ce thème, qui fut adopté au cours du XVIe siècle par la petite noblesse pour orner ses châteaux ; ainsi, une tenture assez similaire, aux armes de Blanchefort et de Chabannes, se trouvait dans le château de Madic (Cantal, passée au château de La Palisse, dans l'Allier) ; à la fin du XVIe siècle, la grande salle du donjon du château d'Anjony (Cantal) fut encore ornée d'un cycle de peintures murales des Neuf Preux.
 
 

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