Jean de Wavrin, Chroniques d'Angleterre
Merlin et Vortiger
Bruges, 1470-1480
Parchemin, 181 f., 450 x 330 mm
Provenance : Louis de Bruges ; Louis XII ; Bibliothèque du roi à Blois
BnF, Manuscrits, français 74 [série français 74-85] (f. 98)
© Bibliothèque nationale de France
Les Chroniques d'Angleterre furent rédigées vers 1469 dans l'entourage des ducs de Bourgogne. L'exemplaire de Louis de Bruges, chevalier de la Toison d'or, comporte dans son état actuel 12 volumes, soit 2 128 folios et 130 miniatures. Les temps les plus reculés, évoqués dans le premier volume, empruntent leur matière à la légende arthurienne. Le chroniqueur lui-même ne manque pas de signaler sa dette vis-à-vis de Geoffroi de Monmouth lorsqu'il rapporte les prophéties de Merlin. Ce dernier est représenté par l'artiste face à Vortiger, le roi usurpateur, à qui il révèle sa fin prochaine et l'avènement d'une lignée légitime dont sera issu Arthur. Merlin argumente de ses doigts. Ce geste est ordinairement celui de l'enseignement ; il convient ici pour suggérer la prophétie et marque aussi l'autorité. Merlin, pourtant enfant, est figuré comme un adulte et porte une robe longue, attribut des clercs, signifiant dans ce contexte une forme de sagesse.
L'enlumineur, actif à Bruges, est connu comme le Maître de la Chronique d'Angleterre pour avoir illustré plusieurs autres exemplaires de ce titre. Ses couleurs sont soutenues et ses personnages, hauts sur jambes, affichent des mines patibulaires. Cet art, peu naturaliste, s'accorde à la peinture d'une humanité fabuleuse.
 
 

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