Guiron le Courtois
Aventures dans la Forêt profonde
Paris, vers 1380-1390
Parchemin, 481 f. (+ 186 bis, 283 bis et 443 bis) (2 col.), 395 x 285 mm
Provenance : Charles de Tries
BnF, Manuscrits, français 338 (f. 178 v°)
© Bibliothèque nationale de France
Le succès de Guiron le Courtois ne s’est pas démenti jusqu’à la fin du Moyen Âge. Dans le présent exemplaire, le texte est copié sur deux colonnes dans une écriture élégante et serrée. La décoration est due à une équipe d’artistes parisiens dont l’activité au service du roi et de la cour est attestée pendant le dernier quart du XIVe siècle. Le plus connu d’entre eux n’a exécuté que la peinture inaugurale du folio 1. Il s’agit du Maître du Rational des divins offices, du nom d’un exemplaire de ce texte qu’il illustra pour Charles V en 1374 (BnF, fr. 437). Il est également l’auteur des nombreuses peintures du Livre du roi Modus et de la reine Ratio d’Henri de Ferrières (BnF, fr. 12399), daté de 1379 et destiné comme ce manuscrit à Charles de Trie, comte de Dammartin et compagnon de Du Guesclin († 1394).
Guiron a repoussé les avances de la Dame de Malehaut bien qu’il soit épris d’elle. Au retour tournoi qui s’est déroulé à proximité du château Deux Sœurs, Danain, l’époux de la Dame, charge Guiron de la rejoindre pour la reconduire au château de la Roche de Malehaut, où il doit les retrouver. A la nuit tombée, le chevalier pénètre dans une forêt il se perd. Laissant son cheval, il se désaltère à fontaine et s’endort en rêvant à sa dame. Arrive même endroit Lac des Îles noires, qui dans l’obscurité n’avait pas remarqué la présence de Guiron. Malgré un dessin médiocre, la scène traduit bien le caractère inopiné de cette rencontre à la faveur de la nuit, une nature dont la teinte verte un peu sourde rappelle que la forêt est, dans les légendes arthuriennes, lieu de mystère et d’aventures.
 
 

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