Aventures merveilleuses de Lancelot et Gauvain
Le "rendez-vous épié" et autres scènes
Paris, vers 1300-1310
Coffret en ivoire d'éléphant, 97 x 257 x 167 mm
Provenance : ancienne collection François Baverey ; achat, 2007
Paris, Musée de Cluny - MNMA , Cl. 23840 © RMN / Michel Urtado
À Paris, dans les premières décennies du XIVe siècle, furent réalisés quelques coffrets d'ivoire dont le décor se compose d'une scène de l'assaut du château d'Amour sur le couvercle et de scènes tirées de romans courtois sur les petits côtés. Celui-ci est l'un des plus grands connus par ses dimensions, mais aussi l'un des plus anciens par le style, puisque certains éléments, telle la position d'Alexandre dans la scène de l'enseignement, le placent clairement dans le goût des toutes premières années du XIVe siècle.
À l'arrière sont présentées trois scènes du Chevalier de la Charrette et du Conte du Graal de Chrétien de Troyes (qu'on retrouve aussi dans le Lancelot en prose) : Gauvain combattant le Lion, Lancelot sur le Pont de l'épée et Gauvain sur le Lit de la merveille. Sur le petit côté gauche, ce sont deux scènes du roman de Tristan, Tristan et Iseut à la fontaine (le "rendez-vous épié") et les barons dénonçant les amants au roi Marc. Sur la face principale se trouvent, à gauche, deux scènes du roman d'Alexandre (Aristote enseignant ses principes à Alexandre et Aristote chevauché par Phyllis) et, à droite, deux scènes tirées du répertoire des exempla et présentant une variante médiévale du Jugement de Salomon. Sur le dernier côté, à droite, on voit l'ermite remettant à Galaad les clefs du château des Pucelles. L'interprétation de la dernière scène, qui représente l'assaut, par un chevalier, d'un château tenu par des hommes sauvages, est en revanche problématique. Roger Sherman Loomis y a vu l'épisode du vieux chevalier Ényas secourant une demoiselle, mais cette proposition n'emporte pas totalement l'adhésion des spécialistes. Il s'agit plus probablement d'une scène du roman de Jaufré.
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu