Lancelot-Graal (Lancelot, Queste, Mort Artu)
Prouesse suprême de Lancelot et marges facétieuses
Tournai, achevé le 14 mars 1345
Parchemin, [4]-322-[4] f. (2 col. de 50 lignes), 350 x 430 mm
Provenance : Louis de Bruges ; Louis XII ; présent à la Bibliothèque du roi à Blois en 1500
BnF, Manuscrits, français 122 (f. 1)
© Bibliothèque nationale de France
Ce manuscrit transmet une version spéciale de cette partie du Lancelot qui repose sur Le Chevalier de la Charrette de Chrétien de Troyes. On peut attribuer sa décoration au cercle artistique tournaisien qui a décoré le BnF, fr. 1424 et le Roman d'Alexandre, illustré par Jean de Grise en 1344 (Oxford, Bodl., ms. 264).
Malgré l'absence d'illustrations en pleine page comme dans l'Alexandre, l'artiste utilise de grandes miniatures qui occupent toute la largeur des deux colonnes de texte. Comme son contemporain Jean de Grise, il prête beaucoup d'attention aux détails du costume, des armes et des armoiries, aux fonds de miniatures ornés de rinceaux délicats ainsi qu'aux motifs architecturaux.
La magnifique miniature d'ouverture représente les épreuves les plus remarquables de la prouesse suprême de Lancelot. D'abord il traverse le Pont de l'épée, puis il vainc trois lions grâce à l'anneau magique que lui a donné la Dame du Lac et, enfin, il triomphe au combat à la lance contre Méléagant, le fils du roi Baudemagu, qui tient la reine Guenièvre prisonnière. Guenièvre et Baudemagu regardent les exploits de Lancelot depuis les tours du château. C'est l'une des plus remarquables miniatures représentant ces aventures merveilleuses, pour une fois groupées dans une seule image à l'ouverture du volume. Il n'existe pas à notre connaissance d'autre exemplaire commençant par cet épisode et l'on peut se demander si le commanditaire s'y intéressait particulièrement. La page est entourée d'une bordure à rinceaux en antennes souples et motifs de feuilles. En bas, un singe est prêt à fouetter son petit et, sur la bordure inférieure, plusieurs scènes présentent des jeux quasiment courtois : une femme tirant à l'arc sur une cornemuse (symbole sexuel) devant une autre femme qui lève les bras, alors qu'une troisième s'approche à genoux d'un homme ; deux couples jouent à colin-maillard ; enfin un singe tenant une cruche plante un dard dans les fesses d'un homme nu. Autant d'images qui prennent à contre-pied la bravoure de Lancelot et son amour courtois pour la reine.
 
 

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