Marie de France, Le Lai du chèvrefeuille
Recueil de lais bretons
Paris, fin du XIIIe siècle
Parchemin, 92 f., 290 x 200 mm
Provenance : comte de Seyssel-Sothonod
BnF, Manuscrits, NAF 1104 (f. 32 v°)
© Bibliothèque nationale de France
Chantant l'amour fusionnel, magique et fatal qui unit Tristan et Iseut, le Lai du chèvrefeuille, que Marie de France compose, vers 1165, pour Henri II Plantagenêt, puise probablement son inspiration dans la tradition orale bretonne et dans un roman de Tristan perdu. Il raconte comment Tristan banni, retrouve Iseut dans la forêt grâce à un bâton de coudrier sur lequel il a inscrit en caractères secrets leur histoire. Le chèvrefeuille, enlacé jusqu'à la mort autour du coudrier, figure leur attachement mutuel : "Ni vous sans moi, ni moi sans vous" ; plus clémente que la vie, la mort réunira en un même jour les deux amants. L'écriture "ogamique", ou magique, dont use Tristan pour graver leur histoire sur le coudrier métamorphose le sauvage exilé en un poète inspiré, qui, s'accompagnant de sa harpe, compose et chante ce "nouveau lai que l'on appelle Gotelef, en anglais, Chevrefeuille en français".
Dans le court Lai du chèvrefeuille, Marie de France, au sommet de son art, met à l'œuvre, selon le mot de Philippe Ménard, l'"esthétique de la brièveté" dans laquelle elle excelle.
 
 

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