Lancelot-Graal avec interpolation du Perlesvaus
Premier baiser de Lancelot et Guenièvre
Paris, vers 1404 et vers 1460
Parchemin, III-154-III f. (2 col.), 490 x 340 mm
Provenance : Jean, duc de Berry († 1416) ; Jacques d’Armagnac, duc de Nemours († 1477) ; présent dans la Bibliothèque du roi sous François Ier siècle
BnF, Manuscrits, français 118 [série français 117-120] (f. 219 v°)
© Bibliothèque nationale de France
En 1405, l’un des principaux libraires parisiens, Renaut du Montet, demeurant à l’angle de la rue de la Parcheminerie et de la ruelle Saint-Séverin, vend pour 300 écus au duc Jean de Berry un énorme volume de 602 feuillets – aujourd’hui divisé en quatre tomes – intitulé Le Livre de messire Lancelot du Lac. Le manuscrit regroupe les romans du cycle du Lancelot-Graal, auxquels est intégré le Perlesvaus. Il est illustré de 131 peintures dues au Maître des Cleres femmes. Cet artiste, d’origine probablement flamande, est ainsi désigné pour avoir illustré un exemplaire des Cleres et nobles femmes de Boccace offert, un an plus tôt, à ce même prince, par Jean de La Barre, receveur général des finances en Languedoc et Guyenne. Passé par voie d’héritage à Jacques d’Armagnac (1433-1477), arrière-petit-fils du duc de Berry, l’ouvrage est remanié. Les miniatures sont fortement retouchées par Évrard d’Espinques, un enlumineur que ce bibliophile grand amateur de la matière de Bretagne emploie à son service.
La peinture, qui représente la scène du premier baiser de Lancelot et Guenièvre est sans doute l’une des plus charmantes de toutes. C’est son ami fidèle, le bon géant Galehaut, qui encourage Lancelot à embrasser la reine, dont il est tombé éperdument amoureux dès le premier regard. Le geste de Galehaut, qui semble pousser légèrement Lancelot par l’épaule, la posture à la fois élégante et réservée de celui-ci, dont la jambe paraît indiquer autant la fougue que l’hésitation, la discrétion des suivantes, groupées à gauche de la scène, et le regard déterminé de Guenièvre sont autant d’expressions d’un amour courtois dont Lancelot et Guenièvre sont, comme Tristan et Iseut, les traductions littéraires les plus parfaites.
 
 

> partager
 
 
 

 
> copier l'aperçu