Un coffret d'ivoire à motifs tristaniens
Épisodes de l'histoire de Tristan et Iseut
Paris, vers 1340-1350
Ivoire d'éléphant, 59/60 x 243 x 4 mm (a) ; 58/60 x 244 x 4 mm (b) ; 60 x 115 x 4 mm (c) ; 60 x 118 x 4 mm (d)
Provenance : comte de Mailly (?) puis marquis de Mailly-Nesle (La Roche-Mailly, Sarthe) ; Claude Vaudecrane (Le Mans) ; acquis en 1983
Musée du Louvre, Objets d'art, OA 10 957 à 10 960
© 2007 Musée du Louvre / Martine Beck-Coppola
Ces quatre panneaux formaient le décor d'un coffret "composite", c'est-à-dire illustrant les épisodes les plus célèbres de plusieurs romans chevaleresques en vogue. Cet exemplaire se distingue par une iconographie originale, qui n'emprunte pas aux épisodes habituels de la légende arthurienne.
La scène la plus aisément identifiable est figurée sur la face arrière du coffret : il s'agit de l'épisode du rendez-vous de Tristan et Iseut à la fontaine, le visage du roi Marc se reflétant dans l'eau. C'est à sa couronne qu'Iseut serait reconnaissable sur l'ensemble des scènes de ce panneau qui, sinon, évoqueraient les amants ordinaires de scènes courtoises banales. On verrait donc successivement le dieu Amour dardant ses flèches vers Tristan et Iseut au pied d'un arbre (scène bien fade par rapport à l'épisode du philtre d'amour) ; Tristan et Iseut chevauchant ; enfin, après le rendez-vous à la fontaine, Tristan et Iseut jouant aux échecs sous une tente.
Sur le petit côté droit, une scène non identifiée montre un couple chevauchant dans la forêt, à la chasse au faucon. Sur l'autre petit côté, la scène figurée est celle du prologue d'Érec et Énide, de Chrétien de Troyes, avec une compagnie rapportant la tête du blanc cerf, qui vaudra au chasseur un baiser de la plus belle dame du château. Enfin, sur la face avant du coffret se trouve l'histoire d'un chevalier délivrant une pucelle des hommes sauvages qui l'avaient enlevée et la ramenant au château. Un couvercle, non localisé aujourd'hui, les complétait probablement.
Les thèmes choisis pour ce coffret n'insistent donc pas sur la prouesse chevaleresque, mais semblent autant de réflexions sur la place de l'amour entre le monde sauvage et la vie de cour, entre la forêt et le château. Le style graphique vif et nerveux de ces quatre panneaux est proche de celui de coffrets illustrant l'histoire de la Châtelaine de Vergy, et situe l'œuvre dans les années 1340-1350.
 
 

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