Création parisienne du Parsifal de Wagner
Maquette d'Émile Joseph Porphyre Pinchon
Crayon et aquarelle, 1913 ; 315 x 240 mm
BnF, Opéra, D 216 [74 pl. 65
© Joseph Porphyre Pinchon / Droits Réservés
Au tout début de 1914, les mélomanes attendaient impatiemment de pouvoir enfin assister à des représentations de Parsifal sur les scènes du monde entier. En effet, au lendemain de la création de l'œuvre (juillet 1882) au Festival de Bayreuth, Wagner avait écrit à Louis II de Bavière : "C'est là que Parsifal doit exclusivement et seulement être représenté dans la suite des temps : jamais Parsifal ne devra être offert en public comme amusement sur quelque scène que ce soit." C'est donc l'année où l'œuvre de Wagner tombait dans le domaine public en Allemagne que cessa l'exclusivité donnée à Bayreuth.
Comme Berlin, Rome, Milan, Londres, Madrid, Saint-Pétersbourg, Vienne., Paris crée l'œuvre dès le 4 janvier, sous la direction d'André Messager. Le modèle sacré de Bayreuth prévaut encore dans les décors comme dans les costumes qui, sur toutes ces scènes, présentent une quasi-uniformité de conception. Le ténor Paul Franz (1876-1950) portera donc au premier acte "une petite tunique blanchâtre, recouverte d'un manteau brun" dessinée un peu à regret par Émile-Joseph Pinchon, qui crée tous les costumes de l'Opéra entre 1908 et 1914.
C'est d'un pinceau plus léger (depuis un an, il illustre Bécassine) que Pinchon représente un Parsifal juvénile, éloigné de l'âge et de la silhouette de son interprète, Paul Franz, dont la voix remporte tous les suffrages : chanteur wagnérien par excellence François Gauthier, qui a fait ses débuts à l'Opéra dans Lohengrin en 1909, a en effet germanisé ainsi son nom. À diverses reprises, Franz offre à la bibliothèque de l'Opéra un certain nombre de "souvenirs pieux", dont un Graal, qui n'apparaît pas dans les dessins de Pinchon.
 
 

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