Lancelot-Graal (Estoire)
Un Lancelot en prose du duc de Berry
Paris, vers 1404, et Centre de la France, 3e quart du XVe siècle
Parchemin, 154 f., 490 x 330 mm
Provenance : Jean de Berry ; Jacques d'Armagnac ; Pierre de Beaujeu ; bibliothèque du connétable de Bourbon à Moulins ; entré à la Bibliothèque du roi sous François Ier siècle
BnF, Manuscrits, français 117 [série français 117-120] (f. 1)
© Bibliothèque nationale de France
La peinture du frontispice, consacrée à la vie de Lancelot, sert d'introduction générale à cet exemplaire du cycle du Lancelot-Graal (BnF, fr. 117-120), qui n'a été partagé en quatre volumes qu'au XVIIe siècle. Elle inaugure donc également l'Estoire del Saint Graal, première partie du cycle, directement inspirée du Joseph d'Arimathie en prose de Robert de Boron. Elle a été réalisée dans le style du Maître des Clères femmes. Vers 1465, le harnachement du cheval de Lancelot a été retouché, sans doute par Évrard d'Espinques, l'un des peintres de Jacques d'Armagnac, et des titres courants ont été ajoutés.
Un manuscrit "jumeau", qui contient la même version du texte, se trouve aujourd'hui à la bibliothèque de l'Arsenal (ms. 3479-3480). Il avait été acquis en février 1406 par le duc de Bourgogne Jean sans Peur auprès de Jacques Raponde, un marchand parisien originaire de Lucques. Il est vraisemblable que la réalisation des deux manuscrits avait été planifiée par Du Montet.
D'après les inventaires des collections du duc de Berry, celui-ci a donné son manuscrit avant 1413 à Bernard VII (vers 1360 - 1418), comte d'Armagnac et de Rodez et connétable de France, second mari de sa fille Bonne : c'est sans doute là que son petit-fils Jacques d'Armagnac a découvert la littérature arthurienne, dont il devait être si friand. Lorsque celui-ci fut arrêté, en 1476, Pierre de Beaujeu, futur duc de Bourbon, saisit la plupart de ses biens : ici, un ours (emblème du duc de Berry) supporte les armes d'Armagnac, encore visibles sous l'écu repeint aux armes de Bourbon.
 
 

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