La Tavola ritonda
Compilation arthurienne en dialecte vénitien
Vénétie, 1446
Copié par Giuliano degli Anzoli, de Crémone, et illustré de 289 dessins de Bonifacio Bembo
Papier, 172 f., 275 x 200 mm
Provenance : probablement Gonzague de Mantoue
Florence, Biblioteca Nazionale Centrale, Pal. 556 (f. 143 v°-144)
Photo GAP , Florence, avec l'agrément du ministère de la Culture italien
Ce spectaculaire manuscrit contient une traduction-adaptation, en dialecte vénitien, de plusieurs épisodes du Tristan en prose. Il appartient à la tradition intitulée La Tavola ritonda, qui combine des éléments issus du Tristan en prose, du Tristan en vers de Thomas, de la Queste del Saint Graal et de la Mort le Roi Artu. Il ne compte pas moins de 289 dessins à la plume de Bonifacio Bembo.
On a rapproché les illustrations qui ornent ce manuscrit des fresques réalisées par Pisanello, probablement à la fin des années 1430 ou 1440, pour le palais ducal des Gonzague, à Mantoue. Le thème de ces fresques est sujet à débat : à côté d'une scène de la Quête du Graal, on y voit en effet un tournoi, qui pourrait être le tournoi du Chastel de la Marche, dans le Lancelot en prose, ou celui de Louvezerp, dans le Tristan en prose. Mais, outre les inscriptions, qui donnent les noms de certains chevaliers propres à la Quête du Graal du Tristan en prose, une figure de Maure, dont le dessin préparatoire aujourd'hui conservé au Louvre, oriente définitivement vers la seconde hypothèse : il s'agit sans doute de Palamède, le "bon chevalier sarrazin", rival amoureux et chevaleresque de Tristan, et qui sera finalement vaincu par celui-ci sous les yeux d'Iseut durant le tournoi.
En dernière analyse, il est très probable que Pisanello a suivi le texte de la Compilation de Rusticien de Pise ou du Tristan en prose, dont, suivant l'inventaire de leur bibliothèque dressé en 1407, les Gonzague possédaient plusieurs manuscrits. Plusieurs personnages des fresques (Tristan, Lancelot, Dinadan) seraient d'ailleurs identifiables avec des membres de la famille ducale et de leur entourage. Or, dans les épisodes de la Quête du Graal du Pal. 556, par exemple ici aux feuillets 143 vo-144, Bohort porte comme cimier un soleil, emblème des Gonzague, et sur le caparaçon de son cheval un oiseau (cygne ou pélican) qui évoque son rêve prophétique durant la Quête du Graal et qu'on retrouve sur les fresques de Pisanello.
 
 

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