Pierre Sala, Le Chevalier au Lion
Réécriture d'un roman arthurien à la Renaissance
Lyon, vers 1522 ou 1530
Papier, 120 f. (18 lignes au maximum), 265 x 190 mm
Filigrane : couronne
Provenance : absent du catalogue de la Bibliothèque du roi à Blois en 1518 ; présent en 1544
BnF, Manuscrits, français 1638 (f. 1)
© Bibliothèque nationale de France
Pierre Sala, né à Lyon au plus tard en 1457, entra vers 1480 au service du futur roi Charles VIII. Il devint ensuite maître d'hôtel du roi Louis XII, charge qu'il occupa au moins jusqu'en 1510. En 1514, retiré de la cour, il séjournait de nouveau à Lyon, où il se consacra à l'écriture. François Ier siècle lui rendit visite lors de son passage à Lyon, en 1522. Il mourut en 1529, après avoir rédigé un nombre conséquent de textes qui n'ont jamais été imprimés - sauf si on doit lui attribuer, ce qui n'est pas certain, le roman de Jean de Paris, qui connut un durable succès éditorial.
Pierre Sala paraît avoir été amateur de romans de la Table ronde : empruntant des épisodes aux Prophéties de Merlin et au Merlin du Lancelot-Graal, il évoque le roi Arthur dans Les Prouesses de plusieurs roys, qu'il offrit à François Ier siècle (BnF, fr. 10420 ; un second manuscrit existe, BnF, fr. 584) et rédigea deux romans qui se rattachent directement à la matière de Bretagne.
Il existe deux manuscrits du Tristan de Pierre Sala : celui de la Fondation Martin Bodmer pourrait être l'exemplaire de dédicace offert au roi François Ier siècle ; une seconde copie provenant de la bibliothèque du comte de Toulouse, fils de Louis XIV, et passée par celle de Louis-Philippe, est conservée à la Bibliothèque nationale de Galles, à Aberystwyth (NLW, 443-D).
Si Pierre Sala a fait œuvre originale en inventant de nouvelles aventures pour Tristan et Lancelot, il n'en va pas de même pour son roman du Chevalier au Lion, qui suit assez fidèlement le texte de Chrétien de Troyes, mais en l'abrégeant, en en supprimant de nombreux détails et en le simplifiant afin de le mettre au goût du jour : s'il conserve la forme archaïque de l'octosyllabe, il développe la dimension amoureuse, voire sensuelle, du roman, au détriment de l'initiation chevaleresque, et gomme toute mention du merveilleux. Peu de création, ici, mais un souci de clarification du récit.
L'œuvre de Pierre Sala, comme celle de Jean Maugin montre en tout cas que l'intérêt des écrivains pour la matière de Bretagne n'était pas encore tout à fait tari au début du XVIe siècle.
 
 

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