Paul Delvau, Lancelot du Lac
Une réécriture postromantique de l'histoire de Lancelot
Paris, Bachelin-Deflorenne ("Collection des romans de chevalerie mis en prose française moderne", t. II) , 1869
BnF, Littérature et Art, Y2-1747
© Bibliothèque nationale de France
C'est en 1859-1860 que sont publiés pour la première fois, sous l'intitulé générique de "Nouvelle Bibliothèque bleue", vingt-neuf fascicules soustitrés "Réimpression de romans de chevalerie des XIIe, XIIIe, XIVe, XVe et XVIe siècles par une Société de gens de lettres sous la direction d'Alfred Delvau". Ils seront repris en 1869, en trois volumes désormais titrés "Romans de chevalerie". À côté de plusieurs adaptations de chansons de geste et d'extraits d'Amadis de Gaule, on y trouve trois romans relevant de la matière de Bretagne : Lancelot du Lac, Artus de Bretagne et Tristan de Léonois.
Polygraphe, historien de son temps (il est notamment l'auteur d'un pamphlet intitulé À bas le suffrage universel, en 1850, et d'une collection de documents se rapportant à la révolution de 1848), poète proche des Parnassiens, Delvau est aussi un libertin, auteur par exemple des Amours buissonnières (1863), d'un Dictionnaire érotique moderne (1864) et d'un Dictionnaire de la langue verte (1866), mais aussi d'un G. Garibaldi, vie et aventures (1859).
Pour sa collection de romans de chevalerie, Delvau a en réalité dirigé une équipe de collaborateurs. Loin de recourir aux textes médiévaux, dont certains avaient pourtant été récemment édités par des savants comme Francisque Michel ou Paulin Paris, eux se sont contentés de reprendre, en les mettant au goût du jour, les adaptations publiées dans la "Bibliothèque universelle des Romans" près d'un siècle auparavant. Par rapport à son modèle "troubadour" du XVIIIe siècle, le Lancelot du Lac témoigne ainsi d'un renouvellement du style qui fait la part belle à la sensibilité et à l'émotion, tout en affectionnant un vocabulaire volontiers "médiéval", héritage du romantisme.
 
 

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