Cycle du Lancelot-Graal : I. L'Histoire du Saint Graal
Joseph recueille le sang du Christ lors de la mise au tombeau
Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours.
Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475.
BnF, Manuscrits, Français 113 fol. 7
© Bibliothèque nationale de France
Après sa vision, l'auteur chargé de faire le récit des enseignements du livre saint que lui a confié le Christ, entreprend un voyage à la suite d'une bête merveilleuse qui le conduit en un endroit propice à l'écriture. Commence alors l'histoire de Joseph d'Arimathie : celui-ci demeurait à Jérusalem avec sa femme et son fils Joséphé. Il croyait en Jésus Christ mais dissimulait sa foi au regard des juifs. Malgré la crucifixion, Joseph espérait en la résurrection du Christ et décida de recueillir tous les objets que la Christ avait touchés au cours de sa vie. Il entra ainsi en possession de l'écuelle dans laquelle Jésus mangea lors de la Cène puis demanda à Pilate, en récompense de ses bons et loyaux services de chevalier, de disposer du corps du Christ. Il descendit alors Jésus de la croix, recueillit son sang dans l'écuelle, et mit son corps dans un sépulcre creusé dans une roche qu'il ferma par une grosse pierre.

Dans la miniature, le Christ portant la croix d'épines et les plaies de sa Passion, est déposé dans une tombe. Joseph d'Arimathie est au premier plan à droite de l'image, portant les pieds du Christ au-dessus du Graal où il va conserver le sang qui s'écoule de ses plaies. Son costume soigné indique une certaine opulence : une broche dorée serre son bliaut à la taille, et il porte une coiffe élaborée avec un revers de couleur différente. A côté de lui se trouve sans doute Nicodème, et en face, portant le buste du Christ, c'est peut-être Simon de Cyrène, représenté comme un homme assez âgé, que les Romains ont pris dans la foule pour aider Jésus à porter sa croix. A côté de lui se trouve un ensemble de personnages saints portant comme le Christ une auréole : le jeune évangéliste Jean, qui soutient la vierge Marie, vêtue de bleu, dans le groupe des saintes femmes qui comporte aussi Marie Salomé, mère de Jean et Jacques, cousins de Jésus, et Marie-Madeleine, la seule à ne pas être voilée, qui porte un pot de parfums destinés à embaumer le corps. La tête qui s'intercale entre Marie-Madeleine et Nicodème semble se surajouter à la composition, et pourrait constituer un portrait de l'artiste.
 
 

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