Cycle du Lancelot-Graal : III. Roman de Lancelot
Combat de Gauvain et d'un chevalier au château où demeure son frère blessé Agravain
Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours.
Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475.
BnF, Manuscrits, Français 114 fol. 260
© Bibliothèque nationale de France
Chevauchant dans la lande, Gauvain rencontre une demoiselle qui le conduit dans un étrange château. A l'intérieur, un chevalier armé s'élance au galop contre lui. Ils se frappent sur leurs écus et la lance du chevalier se brise. D'un coup Gauvain le jette à terre et se détourne pour suivre la demoiselle. Chaque porte qui s'ouvre révèle un nouvel obstacle jusqu'à la chambre où gît un chevalier blessé. Il porte deux blessures, l'une au bras, l'autre à la cuisse, qui ne pourront être guéries que par le sang des deux meilleurs chevaliers du monde : lui-même et Lancelot ! Quand enfin il se résout à verser son sang, il découvre que le chevalier blessé n'est autre qu'Agravain, son propre frère, qui expie là quelque faute.

Bien que la poursuite de combats à cheval dans les différentes pièces du château soit assez peu réaliste, l'enlumineur s'efforce de rendre compte du confinement et de l'étroitesse des lieux par les trois pans de murs en perspective à l'arrière plan de la scène. Ce décor de carton pâte assez peu travaillé met en valeur le combat qui a lieu au centre de l'image. Gauvain, penché en avant, et chevauchant une monture magnifiquement caparaçonnée portant ses couleurs - pourpre à l'aigle bicéphale d'or - renverse de sa lance placée presque à l'horizontale son premier adversaire qu'il atteint au buste et dont l'arme déjà brisée gît partiellement au sol. Le sang qui s'écoule du corps de son ennemi est le signe de sa victoire, mais annonce aussi le tribut que Gauvain devra finalement verser pour guérir son frère de la malédiction qui pèse sur lui.
 
 

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