Cycle du Lancelot-Graal : III. Roman de Lancelot
Lancelot passant le Pont de l'Epée
Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours.
Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475.
BnF, Manuscrits, Français 115 fol. 367v
© Bibliothèque nationale de France
Lancelot doit traverser le Pont de l'Epée pour retrouver la reine enlevée par le perfide Méléagant. Tandis que le chevalier effectue la traversée, avant de se battre contre les deux lions enchantés qui sont lâchés contre lui, le roi Baudemagu, qui assiste avec Guenièvre à ces prouesses depuis une tour du château, interroge la reine sur l'identité du chevalier. Le vieux roi n'a pas la perfidie de son fils Méléagant mais traite la reine avec beaucoup d'égards et obtient que son fils reporte le combat au lendemain de façon à ce que Lancelot recouvre ses forces. Neveu du roi Urien, il est aussi l'oncle de Patridès le Hardi qui combat comme un fils à ses côtés lors de la guerre de Gaule et dont la bravoure est exceptionnelle.

Lancelot traverse le Pont de l'Epée en s'agrippant des pieds et des mains à l'épée sur laquelle il doit passer. Il a en vue le château où Guenièvre demeure prisonnière. La reine est visible à l'une des fenêtres du château, d'où elle observe la traversée de son amant, en compagnie de Baudemagu. L'épreuve de Lancelot ne se limite pas à la traversée du pont car on peut déjà observer les deux lions qu'il devra affronter dès son arrivée sur l'île.
Le passage du Pont de l'Epée est une des plus célèbres épreuves que doit surmonter Lancelot pour délivrer Guenièvre et donne lieu à de subtiles variations entre le roman en vers et la version en prose. Chez Chrétien de Troyes, c'est Baudemagu et Méléagant, et non pas la reine, qui assistent à la traversée du pont par Lancelot. Alors que les compagnons de Lancelot lui font miroiter tous les dangers de l'eau au-dessus de laquelle il va passer, "Amours" guide le chevalier et lui permet d'endurer les souffrances d'une traversée qu'il effectue pieds et mains nus. Ce sont ces détails que l'on retrouve dans l'enluminure. Le texte du Lancelot en prose indique pourtant que le chevalier est parfaitement armé des pieds à la tête, et c'est la perspective concrète d'atteindre la tour où la reine est emprisonnée qui donne à Lancelot la force d'avancer, malgré les dangers qui le guettent. L'image fait la synthèse de ces différents éléments.
 
 

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