Cycle du Lancelot-Graal : III. Roman de Lancelot
Lancelot tranche la tête de Méléagant lors du second duel
Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours.
Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475.
BnF, Manuscrits, Français 115 fol. 376v
© Bibliothèque nationale de France
Un an tout juste après leur premier duel, Lancelot pénètre dans la place, toutes armes revêtues, à la stupeur de Méléagant qui avait cru se tirer d'affaire en gardant son adversaire en sûreté. Tous deux s'élancent sur leurs chevaux à grands fracas de lances et d'écus. Lancelot le jette au sol et se rue sur lui. Dans une mêlée confuse, ils se martèlent de coups puissants, taillant leurs casques et démaillant leurs cottes. Méléagant commence à faiblir, le visage en sang, incapable d'endurer les coups plus longtemps. Du haut de la tour où la foule est massée derrière elle, la reine éprouve bonheur et joie car elle sera bientôt vengée. Méléagant résiste encore un peu, mais quand il voit l'épée levée prête à l'estocade, il crie grâce. Baugemadu implore d'épargner son fils, mais Guenièvre fait signe de lui trancher la tête. Lancelot le laisse alors se relever une dernière fois, mais vite son adversaire retombe sous ses coups redoublés. Lancelot le saisit par le heaume et le lui arrache de la tête. Méléagant se jette en arrière, saisi d'effroi devant l'épée qui tournoie et le frappe d'un coup si net que sa tête vole au milieu du champ.

Lancelot, portant son écu d'argent aux trois bandes de gueules, s'apprête à décapiter Méléagant, déjà blessé aux bras et à la tête, qui a perdu son écu ainsi que son épée et tente de lui échapper. Méléagant porte des armes semblables à celles que son père arborait lors de la guerre de Gaule : de gueules à trois gants d'argent. Les spectateurs du combat, au premier rang desquels se trouvent le roi Arthur et la reine Guenièvre, sont réunis au sommet d'une tour circulaire, et observent attentivement la scène.
 
 

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