Cycle du Lancelot-Graal : III. Roman de Lancelot
Arrivée du chevalier Margonde à la cour
Manuscrit en quatre volumes réalisés pour Jacques d'Armagnac, duc de Nemours.
Atelier d'Evrard d'Espinques. Centre de la France (Ahun), vers 1475.
BnF, Manuscrits, Français 115 fol. 380v
© Bibliothèque nationale de France
Après sa victoire contre Méléagant, Lancelot repart pour le royaume de Gorre où il doit répondre au défi d'un chevalier l'accusant de l'avoir emporté par traîtrise. En chemin, il rencontre Margonde de Neuf Château, qui se fait l'écho des médisances répandues par Morgane sur le compte de Guenièvre. Sans se faire connaître, Lancelot engage le combat pour laver l'honneur de sa Dame, puis il envoie son adversaire se constituer prisonnier de la reine. Quand il arrive à la cour, Margonde se jette aux pieds de Guenièvre et implore sa pitié : "Ma Dame, je suis envoyé à vous par celui qui est votre chevalier : il m'a vaincu au combat". Margonde raconte son aventure, "mais jamais, dit-il, ce chevalier n'a consenti à me dire son nom, m'ordonnant de vous le demander". La reine lui révèle alors que son vainqueur n'est autre que Lancelot.

La peinture illustre le moment où Margonde se jette aux pieds de la reine et "implore humblement sa pitié" avant de s'entretenir avec elle. Dans une pièce assez sombre, Guenièvre, accompagnée de quelques unes de ses dames, saisit le pommeau de l'épée que le chevalier lui tend en signe de totale soumission. Cette scène d'allégeance met en relief avec un sens avéré de l'esprit courtois, le personnage de Guenièvre dont la robe rehaussée de fil d'or et de fourrure de vair retombe en plis droits et épais lui donnant une silhouette à la fois forte et élégante, traduisant simultanément le pouvoir de son rang et la fragilité de son être.
 
 

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