Le Chevalier au Lion
Texte du roman rythmé par les lettrines Q et M
Chrétien de Troyes (ca. 1135-ca. 1185), Yvain ou Le Chevalier au Lion
Roman écrit entre 1177 et 1181
Manuscrit copié dans le Nord de la France, vers 1325
Vélin, 118 folios (25,5 x 19 cm)
BnF, Manuscrits, Français 1433 f. 63
© Bibliothèque nationale de France
Le Chevalier au lion, écrit par Chrétien de Troyes vers 1180, compte quelque 6800 vers rimés de huit syllabes. C'est l'un des premiers romans en vers de la littérature française. La langue romane, ancêtre du français, emprunte à de multiples dialectes. Il s'agit ici d'un dialecte picard, mêlés de traits wallons et normands. Dans ce manuscrit copié au début du XIVe siècle, sans doute vers 1325, dans le Nord de la France, trois copistes se sont relayés mais ils semblent n'en faire qu'un tant le tracé des lettres est homogène. Cette écriture gothique d'assez gros module, régulière et assez brisée, tracée sur deux colonnes de trente et une lignes chacune dans les pages de plein texte, était alors particulièrement adaptée pour lire à voix haute ou pour apprendre à lire.

Dans ce manuscrit de grand luxe, la mise en page est particulièrement soignée. Comme le veut la tradition, les initiales de chaque vers se détachent d'une marge. Elles sont ici enjolivées par des traits de fuite et des boucles, rehaussées de couleur rouge, d'un bel effet ornemental. Des lettrines, dites lettres "champies", rythment le texte. Ce sont des initiales hautes de deux lignes, tracées à l'encre et recouvertes d'une feuille d'or bruni (c'est-à-dire poli pour être plus brillant) sur un fond alternativement rouge ou bleu, filigrané de blanc. On en compte quarante deux pour le texte du Chevalier au lion.
Ces lettrines marquent l'articulation du texte et fonctionnent comme des repères pour une reprise de la lecture du roman, que l'on pratiquait alors essentiellement à voix haute, devant un auditoire. Dans ce manuscrit, on remarque qu'une dizaine de lettrines brisent le couplet pour mettre en valeur un personnage ou un détail, signalant au lecteur un ensemble de "morceaux choisis" d'une certaine intensité, comme des scènes de bataille, l'intervention d'une femme, ou des scènes courtoises.
 
 

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