La Quête du Graal
Vision de Galaad, Perceval et Bohort
Milan, vers 1380-1385. Copié par Albertolus de Porcelis
Parchemin, 113 f., 392 x 274 mm
Provenance : Bernabo Visconti ; incorporé à la bibliothèque des ducs de Milan par Gian Galeas Visconti ; transféré par Louis XII au château de Blois en 1500
BnF, Manuscrits, Français 343 fol. 58
© Bibliothèque nationale de France
En forêt de Gaste, l'apparition du Cerf blanc mené par quatre lions, a entraîné Galaad, Bohort et Perceval jusqu'à la chapelle d'un ermitage où la vision se transforme : le Cerf est remplacé par le Fils de l'homme, autrement dit, le Christ, siégeant sur un trône accompagné non plus par quatre lions mais par les symboles des évangélistes : l'homme, l'aigle, le lion et le bœuf. Les trois chevaliers agenouillés contemplent la théophanie en présence d'un prud'homme qui s'apprêtait à célébrer la messe :
« Le lendemain, Galaad, Bohort, Perceval et sa sœur se remirent en route. A peine furent-ils entré dans la forêt Gaste qu'ils aperçurent le Cerf conduit par quatre lions. Voulant connaître la vérité de cette aventure merveilleuse, ils suivirent la vision. Elle les mena dans la chapelle d'un ermitage où un vieux prud'homme s'apprêtait à célébrer la messe. Au moment de la secrète, le Cerf se changea en homme et s'assit sur un siège fort riche, placé sur l'autel et les lions se muèrent l'un en homme, le second en forme d'un autre lion, le troisième en aigle et le quatrième en bœuf. Tous avaient des ailes. Ils prirent le siège et sortirent en passant au travers d'une verrière sans la briser. Une voix se fit entendre : "C'est en telle manière que le Fils de Dieu entra en la benoîte Vierge sans corrompre sa virginité." Les compagnons churent à terre et quand ils revinrent à eux, la messe était chantée. Après que l'ermite leur eut expliqué la vision, ils prirent congé. Chemin faisant, ils passèrent près d'un châtel de belle apparence mais n'y entrèrent pas. Cependant, un chevalier vint à eux et saisissant au mors le cheval de la sœur de Perceval il leur dit qu'elle devait se soumettre à la coutume du château. Celle-ci consistait pour chaque pucelle passant en ces lieux, à donner une écuelle de sang pour en asperger la demoiselle de céans rongée par la lèpre et obtenir sa guérison. Galaad, Bohort et Perceval refusèrent et entamèrent un rude combat avec les chevaliers du château. Le soir venu, comme ils en avaient abattu un grand nombre, un prud'homme vint leur proposer une trêve et l'hospitalité qu'ils acceptèrent. La sœur de Perceval, déclara alors, malgré la réticence de ses compagnons, qu'elle désirait donner son sang pour sauver la lépreuse et éviter que davantage de chevaliers périssent. Elle commanda que l'on apporte l'écuelle, tendit le bras et se fit trancher la veine avec une lame aiguë comme un rasoir. Promptement ses forces la quittèrent, elle s'évanouit. Après cette pâmoison, elle demanda qu'on l'ensevelisse dans une nef et pria ses compagnons de partir chez le roi Méhaignié, puis elle rendit l'âme. Lavée par le sang de cette sainte pucelle, la dame du château recouvra santé et beauté, le jour même. Après que la nef chargée du corps embaumé, eut disparu à l'horizon, les trois chevaliers quittèrent la place pour reprendre la Quête. »
 
 

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