Arthur

La merveille

Profane ou religieux, le merveilleux s'invite dans le cycle d'Arthur : château tournoyant ou pièces animées d'un jeu d'échecs, ces manifestations du merveilleux sont à la fois épreuves pour les chevaliers, signes divins et appel à l'action. Littérairement, ils confèrent au récit un élan poétique.
Visuellement, un défi est à relever pour les miniaturistes : comment donner à voir et rendre sensible ce merveilleux en glissant dans cette interprétation visuelle l'étonnement, la stupéfaction et parfois même la peur que le merveilleux entraîne ? Quels codes de représentation, quels indices, quel mode opératoire pour que les enluminures rendent compte de l'insaisissable ?

Une piste de recherche

Mandragore, base des manuscrits enluminés de la BnF, est accessible par Internet. Voici un petit parcours dans les miniatures : entrer mandragore.bnf.fr dans le navigateur, puis s'orienter vers le "classement thématique", puis "littérature et fiction", "généralités", "merveilleux".
– Combien de page de résultats, combien de notices apparaissent pour cette entrée ? Quelles conclusions ?
– Les sept premières pages concernent de près la légende du roi Arthur. Repérez dans celles-ci les notices qui mentionnent la carole magique, le combat de Lancelot et des automates, Lancelot combattant les dragons et Arthur sortant l'épée de l'enclume. (Ignorer les notices qui ne comportent pas de rectangles après le numéro : le visuel n'est pas disponible). Pour voir le visuel de près, cliquez sur la miniature.
– Combien de notices avez-vous trouvées pour chacun des thèmes ? Lequel a suscité le plus de représentations, pourquoi ?

La carole magique et le temps suspendu de l'enchantement

Lors de son arrivée dans la forêt perdue, Lancelot est entraîné dans une farandole étourdissante, la ronde magique, dont il ne veut sortir, au grand désespoir de son valet. Des heures plus tard, à la demande insistante d’une demoiselle, Lancelot met fin à la carole en s’installant sur le trône et en se coiffant d’une couronne d’or : l’enchantement cesse aussitôt, juste avant qu’il ne refuse trône et couronne, symboles d’une royauté dont il n’est pas digne selon lui. Il délivre ainsi dames, demoiselles et chevaliers et reçoit les remerciements de tous ceux qui se trouvaient entrainés contre leur gré dans cette ronde instaurée par un clerc du roi Ban séduit par la beauté d’une demoiselle.
   
Texte image
– Comparez l'extrait de la ronde magique et la miniature ci-contre, Lancelot à la carole magique, et observez la description du premier paragraphe et la scène centrale rapportée par l'enluminure : quels sont les éléments qui se retrouvent ?
– Quelles étapes de l'histoire sont présentes dans l'enluminure ? Lancelot y est-il reconnaissable, comment ? La ronde y est-elle perceptible, par quels moyens ?
– Dans la ronde magique, la lucidité du valet est progressive car il n'a pas immédiatement conscience de l'enchantement : celui-ci est-il repérable dans la seconde enluminure, Gauvin et Amable? Quels sont les signes qui le montrent ? Observez en particulier la tenue des chevaliers et le visage des danseurs. Lancelot est-il identifiable ?
   
Création
Dans la miniature ci-contre, Gauvin et Amable, la femme en bleu en haut à gauche ne participe pas à la ronde mais la désigne de la main : imaginez un dialogue avec le valet de Lancelot qui déplore la perte de raison du chevalier. N’hésitez pas à y intégrer des précisions sur le passé en vous aidant du texte.

Combat de Lancelot et des automates

Le château de la Douloureuse Garde est rempli de mystères et de sortilèges. Derrière ses murailles sont prisonniers, des hommes, des femmes, des enfants qui poussent des cris déchirants en demandant qu'on vienne les délivrer. Bien des chevaliers ont tenté l'aventure, mais pas un n'en est ressorti vivant. C’est une grande épreuve pour Lancelot qui doit franchir deux enceintes, chacune gardée par dix chevaliers se relayant au cours du combat. Puis, au sommet de la seconde porte, est juché un cavalier de cuivre, qui s’écroulera sur lui...

 
– Quelles sont les similitudes et les différences entre les représentations ci-dessus : les personnages en présence, les lieux (intérieur/extérieur), les accessoires. En observant les postures et les mouvements, comment se distinguent le chevalier et les automates ? Imaginez trois qualificatifs pour chacun des adversaires.
– Placez à présent en regard le texte extrait de Lancelot du Lac. Quel moment du récit est retenu dans ces enluminures ? Pourquoi ?

Création
– Imaginez le monologue intérieur de Lancelot aux prises avec les automates, de la première vision aux derniers coups. C'est l'occasion d'insister sur ses impressions, ses sentiments en faisant la part belle aux verbes de perception : n'oubliez pas que Lancelot porte un heaume dont la visière est rabaissée...
– Rédigez ensuite le récit que Lancelot fera, de retour à la cour du roi Arthur, ayant cette fois à défendre les prouesses dignes d'un chevalier.
– Un chevalier vaincu et jaloux rumine ses défaites et se moque des victoires de Lancelot : imaginez sa réaction en passant en revue l'aventure du pont de l'épée, le combat avec les automates et avec les dragons en n'hésitant pas à forcer le trait pour aller du côté de la parodie et en n'oubliant pas de donner un titre à votre écrit. Ce télescopage peut aussi être oral, sous la forme d'un dialogue entre Lancelot et son détracteur, après avoir identifié trois ou quatre traits à aborder.

L'épreuve de l'épée

Ces quatre enluminures mettent en scène le même défi : extraire une épée d'un socle. Quatre personnages s'y exercent ici, Arthur, Gauvain, Perceval et Galaad, avec un résultat inégal. En vous aidant de votre connaissance de la Légende et du dossier de l'exposition, déterminez le ou les vainqueur(s). Est-il possible de parvenir à une conclusion grâce aux seules enluminures ?
 
Observez la mise en scène de chaque enluminure : premier plan, arrière-plan, nombre et répartition des personnages, position du chevalier qui tente l'exploit, représentation de l'épée. La difficulté et l'extraordinaire de l'action sont-ils rendus sensibles, par quels moyens ? Que signifient les gestes des témoins éventuels ? Dans quels cas sont-ils présents ? Pourquoi ?

Création
– L'épreuve de l'épée, un nouveau défi à relever : une attraction inédite, des candidats : à vous d'en imaginer le récit à la manière d'une publicité pour un parc d'attraction par exemple ou d'un article de presse rendant compte de l'expérience.
– Un troubadour assiste à la scène et la raconte ensuite à un public, parmi lequel un troubadour qui à son tour va la raconter à un autre auditoire qui en ignore tout : à vous de jouer, en répartissant la classe en deux groupes, le deuxième ignorant le premier récit.

Lancelot combattant les dragons



– Identifiez dix différences entre les deux enluminures ci-contre. Quels sont les traits caractéristiques des dragons ? et ceux du chevalier ? Comparez la mise en scène dans les deux enluminures : où est Lancelot, quel est l'indice qui permet de l'identifier avec certitude ? Où sont placés les dragons ? Quel est l'arrière-plan de la scène ?
– Repérez les forces en présence des combattants : nombre de dragons, agressivité, déroulement du combat. La menace est-elle réelle pour le chevalier ? Vers qui semble aller la victoire, pourquoi ? Remarquez-vous des points communs entre les adversaires ?
– Dans la seconde enluminure , un personnage féminin est présent. De quel côté se trouve-t-il au sens propre (place dans la miniature) et au sens figuré (avec quel combattant), pourquoi ? En vous aidant du regard et de la posture de la jeune fille, choisissez trois mots pour qualifier l'état de son esprit. Son attitude est-elle en harmonie avec la portée dramatique de la scène ?
– Comment l'extrait Le Val des Faux Amants éclaire-t-il la réaction de la jeune fille ? De quoi a-t-elle peur, pourquoi conseille-t-elle à Lancelot de passer son chemin et d'éviter l'affrontement ? S'agit-il ici d'un combat ou d'une épreuve ?
– Repérez dans le texte les différentes étapes du combat avec les dragons : se retrouvent-elles dans la miniature ? En quoi Lancelot apparaît-il ici comme un chevalier particulièrement courageux et admirable ?

Création
– Raconter la scène du point de vue de la demoiselle, de retour à la Cour et tenant réunion avec ses dames : l’affrontement représenté, mais aussi ce qui a précédé et ce qui suivra, en privilégiant les émotions et les descriptions animées (férocité des dragons, courage de Lancelot, bruit des armes, chaleur des flammes… d’autant que la demoiselle ne porte aucune protection.
– Une démarche analogue est possible à partir de la miniature ci-contre représentant le châtiment de Moïse qui a voulu s’emparer du Siège Périlleux : imaginer le dialogue entre les deux personnages qui entourent l’usurpateur, de part et d’autre du Siège en insistant sur leurs sentiments et en hiérarchisant les effets. Autre point de vue à retenir : celui de l’homme au chapeau bleu et avec une barbe grise sur la gauche, un peu en retrait.
– Si l’enluminure était recadrée autour du siège, quels seraient les effets produits ? La peur est-elle toujours là ? Quel est en conséquence le rôle des témoins ? Imaginer une légende pour cette nouvelle miniature.
 
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