Guillaume le Clerc de Normandie, Bestiaire divin avec sermons : l'autruche
Paris, BnF, département des Manuscrits, Français 14970, fol. 21v.
© Bibliothèque nationale de France
Comme l'autruche oublie de couver ses œufs pour regarder l'étoile qui brille, le fidèle doit délaisser les plaisirs terrestres pour se consacrer aux biens célestes. Originaire de Normandie mais installé en Angleterre, Guillaume Le Clerc compose vers 1210 un Bestiaire divin de 3290 vers, qui donne de chaque animal une explication allégorique et morale, dans un sens philosophique généralement peu favorable au monde animal. La liste des animaux que donne Guillaume Le Clerc est quasiment la même que chez Philippe de Thaon. L'ouvrage a été largement diffusé au Moyen âge, puisqu'on en conserve une vingtaine de manuscrits.

"L'aile de l'autruche est semblable aux ailes du héron et du faucon (Jb. XXXIX, 13.) Qui ne sait combien le faucon et le héron passent tous les autres oiseaux par la vitesse de leur vol ? En fait, l'autruche a un plumage similaire au leur, mais pas la célérité de leur vol. En effet, elle n'est pas capable de décoller du sol, et elle étend ses ailes placées comme pour s'envoler, mais malgré cela, ne s'élève jamais du sol. Ainsi sont évidemment les hypocrites qui, alors qu'ils feignent de mener une vie de bonnes actions imitant une sainte apparence, n'en ont pas en fait la réalité. Il est vrai qu'en apparence ils ont des plumes pour voler, mais en pratique ils rampent sur le sol, parce qu'ils étendent leurs ailes pour figurer la sainteté ; mais, écrasés par le poids de leurs responsabilités séculières, ils ne s'élèvent même pas un peu de la terre. [...]" Hugues de Fouilloy, Traité des oiseaux"
 
 

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