| Abraham Bosse | ||||
| Hommage à Richelieu, v. 1638-1639 | ||||
| Eau-forte : 235 x 235 ; 370 x 240 le placard | ||||
| BNF Est., Ed 30, rés. | ||||
Portrait en buste du cardinal de Richelieu (1585-1642), entouré d'un soleil dont les rayons forment le double acrostiche de son nom sur le cadran de la boussole dont il est le centre (ARMAND IEAN DV PLESSIS), célébrant en latin ses vertus, les principes de son action, les points principaux de sa politique et de sa théologie. Les attributs placés dans les écoinçons (livres, caducées et ancres) rappellent son rôle à la tête de la marine, son éloquence, son soutien aux arts et son action en faveur de l'Église. Sous la gravure, deux poèmes en français, signés De vostre Eminence - Le tres-illustre & tres-obeissant seruiteur, IAC(QUES). LABBE, complètent cette apologie. Le premier le compare à Mars pour avoir rendu le nom de la France redoutable en tous lieux [et] son Roy par tout victorieux et l'autre à Hercule, appui et sage conseiller du roi. Sous la composition, une sentence proclame : SEMPER ERIT FAVSTVM TAM MAGNI NOMINIS OMNE, (il sera toujours l'heureux présage d'un si grand nom). La gravure a été publiée entre 1638, date à laquelle Melchior II Tavernier (1595-1665) s'installa à la Sphère Royalle et le 7 mai 1639 quand, avec d'autres cuivres, il vendit probablement la planche à François Langlois (1588-1647). D'abord éditée seule, elle fut ensuite imprimée en affiche par Tavernier lui-même, et accompagnée de vers. L'idée du soleil rayonnant ayant en son centre le portrait du cardinal semble être venue à Bosse en 1635, avec la planche exécutée pour les Eclaircissemens chronologiques et necessaires de Jacques d'Auzoles Lapeyre, où il inscrivit sur les rayons les noms des quarante académiciens, chacun accompagné d'une étoile, montrant ainsi que SON EMINENCE DVCALE était leur meilleur soutien, celui qui les éclairait, tout comme il éclairait le royaume évoqué par une fleur de lys surmontée d'une couronne royale au-dessus du titre : A L'EMINENTE. Ce propos est ici repris et étoffé pour s'appliquer à toute l'activité du ministre. La première gravure n'était qu'une vignette sommaire où Richelieu était à peine reconnaissable, celle-ci compte parmi les portraits les plus réussis de Bosse, qui est généralement négligent en ce domaine. | ||||
Dans la marge inférieure, à gauche : Par Melchior Tauernier Graueur et Imprimeur du Roy pour les Tailles doulces demeurant en / L'Isle du Palais sur le quay a la Sphere Royalle. | ||||