Rodolphe Bresdin : Le Bon Samaritain
Lithographie à la plume. 564 x 442 mm

BnF, Estampes, épreuve du 1er état


Dans une clairière sableuse au milieu de la forêt, un homme presque nu est allongé sur le sol. Au-dessus de lui se penche un homme portant manteau et riche turban. Derrière eux, le dromadaire qui lui sert de monture broute paisiblement. Au-delà, à droite des jambes postérieures du dromadaire, dans un repli du terrain, on distingue les bustes de trois soldats casqués et cuirassés. Un peu plus loin, un cavalier, dans les creux et sur les crêtes, des soldats à pied ou à dromadaire. Dans le fond, au-dessus d'une falaise abrupte, s'étend une cité fortifiée de caractère moyen-oriental.

La partie gauche de l'estampe est organisée autour de deux arbres élevés. Devant ces arbres, deux autres plus petits, dont les branches mortes dénudées se tordent de façon serpentine ; l'une se termine même en tête d'iguane, tandis que l'on distingue deux autres sauriens sur le tronc dont elle est issue.

Au premier plan, au bord de l'eau, des sortes de saules rabougris, nus et tourmentés dont l'enchevêtrement laisse entrevoir des mascarons grotesques. De petits oiseaux sont perchés par-ci par-là dans les arbres. Au-dessous, à la hauteur des genoux du dromadaire, se glisse un porc épic. Dans l'espace libre sous le chardon, une belette regarde les personnages. La faune de la partie droite est surtout composée de mammifères, notamment des singes, qui, pour la plupart, regardent le spectateur ; l'un d'eux, le plus à gauche, agite un rameau feuillu pour attirer son attention.
L'étendue d'eau du premier plan est également trés peuplée. Sur la gauche, un chien blanc et un chien noir (ceux du Samaritain) qui boivent côte à côte. Plus à droite, des oiseaux d'une espèce imaginaire naissent des feuilles du gros chardon. Puis sortant des herbes, un groupe de bécasses, deux échassiers. A droite encore, un autre échassier vole au ras de l'eau, au-dessus d'un animal ressemblant à un chien qui tient un poisson dans la gueule. Enfin, tout à fait à droite, deux canards. Derrière les arbres un large ciel, blanc au-dessus de la ville lointaine, se charge d'une infinité de nuages bouclés qui vont en s'épaisissant au fur et à mesure que l'on monte.
Signé en bas à gauche, à l'envers : Rodolphe Bresdin 1861 ; sur la fesse du dromadaire le monogramme : RB ; sur le bouclier d'un cavalier qu'on aperçoit au-delà du dromadaire, juste à droite de sa fesse, les initiales RB inversées.