Un vecteur d’échanges intellectuels
Les manuscrits sont des instruments uniques d’échange
et de partage entre les différents centres de culture, de création
et de réflexion du monde carolingien. C’est le cas, au
premier chef, de
l’abbaye de Saint-Denis,
qui instaure des échanges
multiples et féconds avec les autres centres. Outre son
scriptorium actif
dès le VIII
e siècle, l'abbaye
de Saint-Denis est aussi le siège d'une école, qui prend
une part active au renouveau intellectuel de l’Europe. Celle-ci
assure la sauvegarde et la diffusion de textes antiques profanes ou
patristiques, et échange
des
codices avec d’autres monastères soit proches,
comme Saint-Germain-des-Prés, d’ailleurs souvent dirigé par
le même abbé au IX
e siècle ;
soit plus éloignés,
tels
Corbie,
Reims,
ou les monastères du diocèse de Mayence
et de la région du lac de Constance. L’abbaye royale de
Saint-Denis entretient des rapports particulièrement féconds
et réciproques avec l’abbaye de Reichenau : nombre
de manuscrits possédés par le monastère alémanique
furent exécutés en Île-de-France et inversement. Le rayonnement
de Saint-Denis franchit même les Alpes, probablement par le biais
de l’école de Pavie et de l’abbaye de Bobbio.