Le développement des sciences

 
Dans le cadre du quadrivium, le renouvellement des études concerne aussi les disciplines scientifiques. D’après le témoignage d’Éginhard et la correspondance échangée avec Alcuin, Charlemagne s’intéresse beaucoup à l’astronomie, goût partagé avec son entourage et ses successeurs, si l’on en juge d’après la compilation de textes de comput (le calcul des dates de fêtes mobiles dans le calendrier chrétien) et d’astronomie tirés des œuvres de Pline, Hygin, Bède ou Isidore dont nous restent quelques exemplaires.

Pour ce qui est de la musique, les chantres apportent une nouvelle impulsion à la pratique en introduisant le chant romain dans les églises, comme l’explique l’archevêque de Lyon Leidrat. Et la théorie fait l’objet de nouveaux traités, comme la Musica disciplina (La discipline musicale) d’Aurélien de Réomé composée vers 850, et surtout le livre XVIII de l’encyclopédie De rerum naturis (De la Nature des choses) de Raban Maur, consacré aux disciplines scientifiques.
Commentaires de Macrobe
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Mais l'un des grands progrès du monde carolingien est l'entrée de la médecine dans le domaine des sciences, avec la copie des textes diffusant l'héritage antique. La connaissance des plantes est appréciée dans l'entourage des empereurs carolingiens, pour ses apports à la pharmacopée et aussi à l'agriculture, et certaines sont citées dans le capitulaire de Charlemagne De villis (Sur les domaines). C'est à cette époque que naît la médecine conventuelle, qui prend son essor pendant toute la période romane. Il existe des praticiens à la cour impériale et dans les monastères, et des intellectuels non-spécialistes s'intéressent à cette discipline, comme Alcuin et Raban Maur, Walafrid Strabon ou Loup de Ferrières. Le nord de l'Italie, Reims, Laon, Corbie et Saint-Amand, la Rhénanie, sont des centres d'étude vivants dès le IXe siècle.

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