Psautier de Corbie
Initiale M du Magnificat
Corbie, début du IXe siècle
Chaque Psaume de ce manuscrit débute par une lettre ornée ou historiée d'une finesse et d'une inventivité remarquables. Exécutées à la plume et rehaussées d'une gamme de couleurs insolite, ces lettres mêlent ingrédients orientaux et insulaires. Les cantiques offrent quelques tableaux particulièrement délicats, tels le M du Magnificat dessiné par les silhouettes gracieuses de Marie et d'Élisabeth inclinées vers l'autel. Deux mains seulement semblent être à l'origine de ces dessins calligraphes rehaussés de vert sombre, vert jade, violet, jaune pâle et brun-pourpre. Leur style orientalisant rappelle indirectement l'Evangéliaire de Charlemagne.
Le Magnificat se réfère au cantique inspiré par l'Esprit Saint à Élisabeth lorsqu'elle aperçoit sa jeune cousine Marie lui rendre visite (Visitation) et que l'enfant qu'elle porte (le futur saint Jean-Baptiste) tressaille dans son ventre en reconnaissant le Messie dans celui de Marie enceinte, selon l'Évangile de saint Luc, de trois mois à peine.