Sacramentaire de Drogon
Saintes femmes au tombeau
Metz, entre 845 et 855
BnF, Manuscrits, Latin 9428 fol. 58
La circulation des artistes et les tribulations des manuscrits d'un centre à l'autre à l'époque carolingienne favorisent les échanges stylistiques entre les différentes écoles d'enluminure. Ville impériale et centre artistique, Metz en est un exemple vivant : les manuscrits réalisés pour l'évêque Drogon (821-855), fils illégitime de Charlemagne, ont très probablement été décorés par des artistes venus du foyer rémois d'Hautvillers. C'est le cas de ce luxueux sacramentaire, chef-d'œuvre de l'enluminure messine, décoré d'un très grand nombre d'initiales ornées et historiées représentant des épisodes de la vie du Christ et des scènes liturgiques et hagiographiques.

Dans la majestueuse initiale en pleine page de la collecte de Pâques, les saintes femmes sont peintes devant le tombeau vide, minuscules silhouettes sous l'immensité des rinceaux qui emplissent l'espace du D et enlacent le S de Deus : venues apporter au Sépulcre les parfums qu'elles avaient préparés, elles trouvent le tombeau ouvert par un ange du Seigneur qui leur annonce la résurrection de Jésus. À terre, gisent les gardes effrayés par cette apparition miraculeuse.
L'ornemental et le narratif cohabitent ici pour exploiter au maximum le champ et l'aire de la lettre, sans toutefois fusionner ni rivaliser d'importance, mais en se servant mutuellement de faire-valoir.
 
 
 
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