Denys l'Aéropagite
Œuvres
Constantinople, début du IXe siècle
BnF, Manuscrits, Grec 437 fol. 123v-124
Malgré son apparence austère et l'absence de toute décoration, ce manuscrit byzantin est plus qu'un livre, une relique : c'est le premier manuscrit grec à entrer dans la bibliothèque d'un roi de France. Copié à Constantinople au début du IXe siècle, en pleine période iconoclaste, ce manuscrit a été a apporté à Compiègne par les ambassadeurs de l'empereur Michel II le Bègue pour être pour être solennellement offert à Louis le Pieux. Un tel geste peut s'expliquer par la confusion entretenue alors entre le saint Denis, évangélisateur des Gaules et fondateur de l'abbaye qui porte son nom, et Denys l'Aréopagite, disciple athénien de saint Paul dont les Actes des Apôtres racontent la conversion. On lui attribuait une somme théologique et mystique particulièrement vénérée, bien qu'elle fût l'œuvre d'un néo-platonicien chrétien de la fin du Ve siècle. Aussi parut-il naturel au roi de déposer le précieux manuscrit à l'abbaye de Saint-Denis : c'était la veille du 8 octobre 827, fête du saint, et cette nuit-là furent recensées dix-neuf guérisons miraculeuses.
Sous l'impulsion de l'abbé Hilduin, ardent hagiographe du saint fondateur, l'abbaye de Saint-Denis devint un des rares centres intellectuels du monde carolingien à s'intéresser à l'hellénisme. Le manuscrit du Pseudo-Denys fut bientôt traduit en latin, d'abord par des moines grecs venus d'un couvent romain, puis par l'Irlandais Jean Scot Érigène (v. 810-v. 877). L'Occident médiéval découvrait une pensée métaphysique dont l'influence sur son propre développement spéculatif fut considérable. Trois siècles plus tard, Abélard, qui s'était retiré après bien des péripéties à l'abbaye de Saint-Denis, devait mettre en doute l'identité de saint Denis avec l'Aréopagite.
 
 
 
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