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La rencontre des cultures

Le renouveau des arts et lettres qui caractérise l'époque carolingienne trouve ses origines dans la rencontre de l'héritage de la Rome chrétienne et des civilisations dites "barbares" qui s'est opéré dans la culture mérovingienne lors des siècles précédents. Des courants très divers traversent alors la production artistique : l'art irlandais et les motifs insulaires comme les entrelacs croisent l'art paléochrétien tel qu'il s'est développé en Italie et dans le bassin méditerranéen ; l'esthétique d'inspiration byzantine se mêle à l'art mérovingien et ses initiales multicolores inspirées des émaux cloisonnés.

Fragment de la croix

Attribué à saint Éloi, 1er tiers du VIIe siècle. Or et verres colorés
BnF, Monnaies et médailles, Inv. 56-324

D'origine pontique, la verroterie cloisonnée entre en Gaule vraisemblablement avec les Wisigoths et les hordes d'Attila au début du Ve siècle. Les orfèvres mérovingiens s'approprient cette technique et développent un style propre, plus complexe et plus structuré, dont témoigne ce fragment de la croix de saint Éloi. Ce style, qui marque fortement l'orfèvrerie franque, se retrouvera transposé dans le décor des manuscrits mérovingiens.
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