La vallée de la Loire, d'Orléans à Fleury

   
Fondée au Ve siècle pour abriter les reliques de l'évêque de Tours saint Martin, l'abbaye Saint-Martin de Tours devient rapidement un haut lieu du monachisme en Occident. Sa renommée s'accroît à l'époque carolingienne, lorsqu'en 796, Charlemagne nomme à sa tête l'une des plus grandes personnalités de la cour, Alcuin. Féru de lettres, ce savant d'origine anglaise encourage la copie de nombreux textes au sein du scriptorium de l'abbaye, d'après des modèles importés d'Angleterre, et développe les études autour de la Bible.
Évangiles de Lothaire
Évangiles de Du Fay Bible de Vivien
   
Durant les décennies suivantes, l'abbaye vit un véritable âge d'or sous la direction d'abbés influents, souvent liés à la dynastie carolingienne : Fridugise (804-834), Adalard (834-845) puis Vivien (845-851) favorisent chacun à leur tour le développement du scriptorium. La réforme de l'écriture lancée sous Charlemagne porte pleinement ses fruits à Tours, où les scribes pratiquent une minuscule qui se distingue par ses formes parfaites : la caroline de Tours. Sur le plan artistique, irriguée par des courants antiquisants venus d'Italie et de Reims, l'école de Tours produit ses plus beaux chefs-d'œuvre, comme les Évangiles de Lothaire.
   
Évangiles de Saint-Martin de Tours Bible de Théodulfe Bible de Vivien
   
Non loin de Tours, Orléans et Fleury, dirigés vers 800 par Théodulfe, un Wisigoth auquel nous devons une version révisée de la Bible, produisent de nombreux manuscrits, où les influences insulaires le disputent aux influences antiques.
haut de page