Saint-Amand et l'école franco-saxonne

Sacramentaire de Saint-Denis
Foyer de l'école franco-saxonne, l'abbaye royale de Saint-Amand a été fondée vers 634 par le missionnaire Amand avec le soutien du roi Dagobert. Très vite, cette abbaye participe au grand élan qui anime la renaissance carolingienne. La réputation de son école attire des maîtres prestigieux, comme Milon et son neveu Hucbald de Saint-Amand, et son scriptorium très actif se spécialise sous Charles le Chauve dans l'exécution de manuscrits liturgiques de grand luxe destinés à de hauts dignitaires et à divers établissements religieux, comme la seconde Bible de Charles le Chauve ou le Sacramentaire de Saint-Denis. Ces manuscrits sont décorés dans un style ornemental abstrait d'une grande originalité, fruit de la combinaison d'ingrédients insulaires et d'apports plus spécifiquement carolingiens : entrelacs, motifs végétaux et zoomorphes empruntés à l'art anglo-saxon ou irlandais sont agencés dans des compositions harmonieuses et structurées, où priment les notions de symétrie et de clarté chères à l'art classique. D'une sobre élégance, ce langage formel fait la part belle aux savantes constructions géométriques ou calligraphiques et n'accorde guère de place aux représentations figurées.
 
Évangiles dits de François II Évangiles de l'Arsenal
   
Ce style s'est développé avec des variantes dans d'autres centres secondaires du Nord de la France, à Saint-Bertin et à Saint-Vaast d'Arras en particulier : l'Évangéliaire de Saint-Vaast en est l'un des plus brillants témoins.
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