À l’origine de la dynastie carolingienne se trouve une grande famille franque originaire de l’Austrasie, partie orientale des États mérovingiens. Au VIIe siècle, ses membres prennent peu à peu en main le destin de l’Europe : ils sont d’abord maires du palais des rois mérovingiens, puis Pépin le Bref est élu rois des Francs en 751 et son fils Charlemagne couronné empereur en 800. Leur rôle est déterminant dans l’édification, le développement et le maintien de l’Empire carolingien jusqu’à la fin du IXe siècle, malgré les failles qui y apparaissent dès le règne de Louis le Pieux. Autant d'événements illustrés au XVe siècle par le peintre Fouquet.
Entourés d’hommes de valeur, clercs et laïcs, parents ou amis de toutes origines, les souverains carolingiens s’impliquent personnellement dans le développement des lettres et des arts, menant la restauration de la culture, mise à mal par des siècles de désordres, et une politique religieuse novatrice qui tend à l’unification spirituelle et matérielle des populations hétérogènes peuplant leurs Etats. Ils s’appuient pour cela sur la Papauté et entretiennent avec l’Église des relations étroites.

C’est donc autour de l’empereur, dans le Palais, cœur administratif et culturel de l'empire, et dans quelques grands centres, monastères et églises, que prend vie ce renouveau intellectuel. Ses principaux aspects sont l’élaboration d’une écriture commune à tous, une large ouverture des apprentissages aux clercs et aux laïcs (lire, écrire et compter), la redécouverte de l’héritage scientifique, littéraire et artistique de l’Antiquité, la correction de la Bible, jusque là "corrompue par l’incompétence des éditeurs" et l’adoption de la liturgie romaine.
Tandis que l’on assiste à un net renforcement du pouvoir royal et à une remise en ordre des institutions du royaume, les effets bénéfiques des décisions impériales ne tardent pas à se manifester dans le domaine des lettres, et les arts sont atteints à leur tour par un renouveau d’une telle ampleur que l’on parle de "renaissance carolingienne", par analogie avec la Renaissance des XVe et XVIe siècles : la littérature antique est sauvée, le latin corrigé de ses impuretés va rester pendant plusieurs siècles la langue internationale de la religion et de la culture. Le niveau culturel général augmente, timidement sous Charlemagne puis de façon plus marquée, et dès le début du IXe siècle, on assiste à une exceptionnelle floraison de la création littéraire et artistique.

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