« Je suis devenu franc-maçon apprenti » (suite)
Histoire de ma vie
Giacomo Casanova, Dux, 1789-1798.
BnF, Département des Manuscrits, NAF 28604 (3) fol. 10
© Bibliothèque nationale de France
Transcription du texte :
« Ceux qui ne se déterminent à se faire recevoir maçons que pour parvenir à savoir le secret peuvent se tromper, car il leur peut arriver de vivre cinquante ans maître maçon sans jamais parvenir à pénétrer le secret de cette confrérie.
Le secret de la maçonnerie est inviolable par sa propre nature, puisque le maçon qui le sait ne le sait que pour l'avoir deviné. Il ne l'a appris de personne. Il l'a découvert à force d'aller en loge, d'observer, de raisonner, et de déduire. Lorsqu'il y est parvenu, il se garde bien de faire part de sa découverte à qui que ce soit, fût-ce son meilleur ami maçon, puisque s'il n'a pas eu le talent de le pénétrer, il n'aura pas non plus celui d'en tirer parti en l'apprenant oralement. Ce secret sera donc toujours secret.
Tout ce qu'on fait en loge doit être secret ; mais ceux qui par une indiscrétion malhonnête ne se sont pas fait un scrupule de révéler ce qu'on y fait n'ont pas révélé l'essentiel. Comment pouvaient-ils le révéler s'ils ne le savaient pas ? S'ils l'avaient su, ils n'auraient pas révélé les cérémonies.
La même sensation que fait aujourd'hui la confrérie des maçons dans plusieurs qui n'y sont pas initiés, procédait dans l'ancien temps des grands mystères qu'on célébrait à Éleusis à l'honneur de Cérès. Ils intéressaient toute la Grèce, et les premiers hommes de ce monde aspiraient à y être initiés. Cette initiation était d'une importance beaucoup plus grande que celle de la franc-maçonnerie [moderne, où l'on trouve des polissons et des rebuts de l'espèce humaine.] » (Histoire de ma vie, I, p. 553-554)
 
 

> partager
 
 

 
 

 
> copier l'aperçu