L'Arche gothique
Prisons imaginaires (Carceri), planche XVI
Giambattista Piranesi, dit Piranèse (1720-1778), 1749-1760.
Gravure, 50 x 65 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, Réserve HB-28-FOL - Robinson 29, planche 16, I, F 39
© Bibliothèque nationale de France
« Messer Grande [chef de police à Venise] alors me remit au gardien des plombs, qui était là tenant entre ses mains un clavier [trousseau de clés] et qui suivi de deux archers me fit monter deux petits escaliers, enfiler une galerie, puis une autre séparée par porte à clef, puis une autre encore dont au bout il ouvrit avec une autre clef une porte par laquelle je suis entré dans un grand vilain et sale galetas […]. Cet homme, qui était le geôlier, empoigna une grosse clef, il ouvrit une grosse porte doublée de fer, haute de trois pieds et demi […] et m'ordonna d'entrer. » (Histoire de ma vie, I, p. 862.)

Jusqu'au milieu du XVIIIe siècle, les prisons étaient aménagées dans des bâtiments dont ce n'était pas la destination première, d'où leur inconfort et leur insalubrité. Peu à peu, on réfléchit à l'architecture carcérale pour construire des prisons plus fonctionnelles ; en témoignent trois sujets de concours portant sur les prisons donnés par l'Académie royale d'architecture de Paris entre 1768 et 1790, ou le projet de prison panoptique de Bugniet (1765), repris par Bentham. Ainsi Ledoux se voit-il passer commande, en 1785, d'une prison pour la ville d'Aix. Piranèse, graveur et architecte italien, publie de nombreux recueils d'architecture, parmi lesquels Invenzioni di Carceri, 1750, et Carceri, 1761. En partant d'une architecture antique qu'il transpose dans son imagination, il invente des lieux étranges et dramatiques avec des espaces gigantesques, des chaînes et des roues terrifiantes, des effets de perspective vertigineux.
 
 

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