Divisa de peruchieri (Milice de Gênes)
Jean Gravier, vers 1750.
Gravure sur bois coloriée, 28 x 20 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, Ob-720-4
© Bibliothèque nationale de France
Si Casanova endosse l’uniforme militaire, c’est un habit de caprice qu’il se fait faire : « À Bologne, je me suis logé dans une auberge où n’allait personne pour n’être pas observé. Après avoir écrit mes lèvres, et m’être déterminé à y attendre Thérèse, je me suis acheté des chemises, et le retour de ma malle étant incertain, j’ai pensé à m’habiller. Réfléchissant qu’il n’y avait plus d’apparence que je pusse faire fortune en qualité, et en état d’ecclésiastique, j’ai formé le projet de m’habiller en militaire dans un uniforme de caprice, étant sûr de ne pouvoir être forcé à rendre compte de mes affaires à personne. Venant de deux armées, où je n’avais vu autre habit respecté que le militaire, j’ai voulu devenir respectable aussi. Je me faisais d’ailleurs une vraie fête de retourner à ma patrie sous les enseignes de l’honneur où on ne m’avait pas mal maltraité sous celles de la religion.
Je demande un bon tailleur : on m’en fait venir un qui s’appelait Morte. Je lui fais entendre comment, et de quelles couleurs l’uniforme que je voulais devait être composé il me prend la mesure, il me donne des échantillons de draps que je choisis, et pas plus tard que le lendemain il me porte tout ce qui m’était nécessaire pour représenter un disciple de Mars. J’ai acheté une longue épée, et avec ma belle canne à la main, un chapeau bien troussé à cocarde noire, mes cheveux coupés en faces, et une longue queue postiche, je suis sorti pour en imposer ainsi à toute la ville. Je suis d’abord allé me loger au Pèlerin […]. Sûr de n’être connu de personne, je jouissais des histoires qu’on forgerait sur mon compte à mon apparition au café le plus fréquenté de la ville. » (HMV, I, p. 260-261.)
 
 

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