Le Souper fin
Troisième suite pour servir à l'histoire de la mode et du costume dans le XVIIIe siècle. Année 1783
Isidore-Stanislas Helman (1743-1806 ou 1809), d’après Jean-Michel Moreau le Jeune (1741-1814), 1781.
Estampe, 4e état, 41,4 × 32,8 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, Réserve EF-59 (A, 7)-BOITE FOL - Bocher, 1370
© Bibliothèque nationale de France
La sociabilité de Casanova tient à un sentiment qui est à la base de son savoir-vivre : une profonde générosité qui le pousse à faire participer les autres à ses réjouissances. Sa joie de vivre, expansive, abhorre la solitude : il est convaincu que partager les plaisirs les augmente. Qu'il s'agisse de volupté amoureuse ou de plaisirs de bouche, il adore inviter, faire des cadeaux, dissiper, dans tous les sens du terme. Il dissipe l'argent, mais en amour aussi il sème à tous vents, s'abandonnant à toute contagion de la volupté.

« Le souper de D. Sancio fut exquis, et comme de raison supérieur au mien, car sans cela il se serait cru déshonoré. Il nous donna des truffes blanches, des coquillages de plusieurs espèces, les meilleurs poissons de l'Adriatique, du champagne non mousseux, Peralta, Xérès, et Pedro Ximénès. Après souper, Bellino chanta à nous faire perdre le peu de raison que les excellents vins nous avaient laissé. » (Histoire de ma vie, I, p. 238-239.)

« Tout le monde à ce dîner fut content et très gai. Je riais en moi-même quand on me demandait pourquoi j'étais triste. On le croyait parce que je ne parlais pas ; mais il s'en fallait bien que je fusse triste ! Ce fut un des plus beaux moments de ma vie. Dans ces beaux moments, mon esprit se trouvait concentré dans la divine tranquillité du vrai contentement, je me voyais là l'auteur de toute la belle comédie, très satisfait de voir (sur ma balance) que je faisais dans ce monde plus de bien que de mal, et que sans être né roi il me réussissait de faire des heureux. Il n'y avait personne à cette table qui ne me fut redevable de son contentement particulier ; cette réflexion faisait mon bonheur, dont je ne pouvais jouir que dans le silence. » (Histoire de ma vie, III, p. 57.)
 
 

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