La Petite loge
Troisième suite pour servir à l'histoire de la mode et du costume dans le XVIIIe siècle. Année 1783
Charles Emmanuel Patas (1744-1802), d’après Jean Michel Moreau le Jeune (1741-1814), vers 1781.
Estampe, 1er état, 50 x 65 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, Réserve EF-59 (A, 6)-BOITE FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Étant allé me mettre sur le théâtre, et ayant vu une jolie femme m’adresser sa lorgnette, j’ai prié M. de Lastic de me présenter ; et au premier entr’acte il me conduisit à sa loge […] il me présenta à la dame qui m’a d’abord frappé. Elle me fit d’abord des questions sur Paris, puis sur Bruxelles, où elle avait été élevée, sans avoir l’air d’écouter mes réponses. Mes dentelles, mes breloques, mes bagues la tenaient distraite […].
– Mais d’où avez-vous cette pommade qui embaume l’air ? Vous étiez sur le théâtre, et je l’ai sentie.
– Elle est de Florence, et si elle vous entête je vais d’abord me faire repeigner.
– Ah ! Dieu ! ce serait un meurtre. Une telle pommade ferait le bonheur de ma vie.
– Et vous feriez le bonheur de la mienne me permettant de vous en envoyer demain douze pots […].
Je suis sorti de cette loge amoureux, et déjà heureux en imagination, et je suis retourné sur le théâtre, où les exhalaisons de ma pommade m’attiraient des compliments de tous les jeunes officiers. C’était un présent d’Esther, et c’était le premier jour que je m’en servais. La boîte était de vingt-quatre pots ; j’en ai ôté douze, et je la lui ai envoyée le lendemain à neuf heures. » (Histoire de ma vie, II, p. 252-254.)
 
 

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