Banquiers indélicats sous surveillance
Liste des banquiers de pharaon biriby mormony et taupe jouant taillant dans différentes maisons et notamment dans tous les tripots de Paris
1743-1751.
BnF, Arsenal, ms. 11584, fol. 37
© Bibliothèque nationale de France
Les tripots clandestins, surtout ceux de la capitale, requièrent des banquiers capables de fournir les fonds des grosses parties. Particulièrement surveillés, ce sont la plupart du temps des professionnels du jeu, dont près de la moitié servent ou ont servi dans l'armée et dont les pratiques indélicates sont monnaie courante. Cette liste de banquiers, une parmi tant d'autres, fait apparaître les tailleurs "honnêtes" et ceux qui méritent de faire l'objet d'une surveillance renforcée. Soldats déserteurs, aventuriers battant le pavé parisien, ecclésiastiques en rupture de banc, acceptent de "faire aller la banque" en échange d'une gratification donnée par les tenanciers et qui peut se monter à quelques livres par soirée et compter aussi le repas et le logement. On aura compris que le terme de "banquier" de jeu recouvre des situations très diverses. Ainsi le nommé Poultet, qui taille chez la veuve Lefranc, fait fructifier les fonds du sieur Mazerolles ; même situation de dépendance pour Dumas, qui tient les fonds du même bailleur et qui taille dans trois tripots différents. Les malversations permettent au banquier d'arrondir notablement ses revenus : il peut s'entendre avec des pontes pour faire sauter la banque au détriment du bailleur de fonds ; il peut aussi truquer le matériel de jeu, de connivence avec un tricheur professionnel, et s'assurer des gains réguliers en renseignant l'inspecteur des jeux.
 
 

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