Naples : Vue du fameux théatre de la ville
Naples, Théâtre San Carlo
Mondhare, éditeur, Paris, vers 1800.
Estampe, 26 x 43 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, LI-72 (7)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Elle me disait que le lendemain de mon départ pour Rimini, le baron Vais avait conduit chez elle le duc de Castropignano qui après l'avoir entendue chanter au clavecin lui avait offert mille onces pour un an, si elle voulait chanter sur le théâtre Saint-Charles. Elle devait y être dans le mois de mai. [...] Ce fut pour la première fois de ma vie que je me suis trouvé dans l'impuissance de me déterminer. Deux motifs égaux en force dans la balance l'empêchaient de se pencher ni d'un côté ni de l'autre. Je ne pouvais ni ordonner à Thérèse de mépriser une si belle fortune, ni la laisser aller à Naples sans moi, ni me résoudre à aller à Naples avec elle. La seule pensée que mon amour pût mettre un obstacle à la fortune de Thérèse me faisait frémir ; et ce qui m'empêchait d'aller à Naples avec elle était mon amour-propre encore plus fort que le feu qui me faisait brûler pour elle. [...] La réflexion que dans le plus beau moment de ma jeunesse j'allais renoncer à tout espoir de la grande fortune pour laquelle il me paraissait d'être né donna à la balance une si forte secousse que ma raison imposa le silence à mon cœur. » (Histoire de ma vie, I, p. 263-264.)
 
 

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