Moscou : Le Kremlin, ou la forteresse
Iosep Carmine, éditeur, vers 1790.
Estampe, 28 x 43 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, LI-72 (4)-FOL
© Bibliothèque nationale de France
« Ceux qui n'ont pas vu Moskow ne peuvent pas dire d'avoir vu la Russie, et ceux qui n'ont connu les Russes qu'à Pétersbourg ne connaissent pas les Russes, car à la cour ils sont tous différents de ce qu'ils sont en nature. On peut les regarder à Pétersbourg tous comme étrangers. Les citoyens de Moskow, principalement les riches, plaignent toujours ceux qui par leur état, par intérêt, ou par ambition expatrient ; car leur patrie est Moskow, et ils ne regardent Pétersbourg que comme la cause de leur ruine. Je ne sais pas si c'est vrai, mais je dis ce qu'ils disent.
Au bout de huit jours, j'ai tout vu : fabriques, églises, vieux monuments, cabinets, aussi, d'histoire naturelle, bibliothèques, qui ne m'intéressèrent pas, la fameuse cloche, et j'ai observé que leurs cloches ne sont pas posées en branle comme les nôtres, mais solidement. Ils les font sonner moyennant une corde attachée au bout du battant. J'ai trouvé les femmes plus jolies à Moskow qu'à Pétersbourg. Elles ont l'accès très doux et très facile, et pour obtenir d'elles un baiser sur les lèvres, il suffit de faire semblant de vouloir leur baiser la main. Pour ce qui regarde la chère, je l'ai trouvé en profusion et sans délicatesse. » (Histoire de ma vie, III, p. 412-413.)
 
 

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