Cabriolet
Modèles de voitures d'époque Louis XV
Jean-François Chopard, vers 1750.
Gravure, 50 x 65 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, LD-20 (B)-FOL - Planche 7
© Bibliothèque nationale de France
« Je ne me suis arrêté à Utrecht qu'un jour, pour aller voir la terre appartenant aux hernoutres ; et le surlendemain je suis arrivé à Cologne à midi ; mais une demi-heure avant que j'y arrive, cinq soldats déserteurs, trois à droite et deux à gauche, me couchèrent en joue me demandant ma bourse. Mon postillon, menacé de mort par un pistolet que je tenais à la main, piqua des deux, et les assassins déchargèrent leurs fusils contre moi, mais ils ne blessèrent que ma voiture. Ils n'eurent pas l'esprit de tirer sur le postillon. Si j'avais eu deux bourses comme ont les anglais, dont la légère est destinée aux voleurs hardis, je l'aurais jetée à ces malheureux ; mais n'en ayant qu'une et très bien garnie j'ai risqué ma vie pour la sauver. Mon Espagnol était étonné que les balles, dont il avait entendu le sifflement à leur passage devant sa tête, ne l'eussent pas touché. À Cologne, les Français étaient en quartier d'hiver. On m'a logé à l'enseigne du Soleil. En entrant dans la salle j'ai vu le comte de Lastic, neveu de Mme d'Urfé, qui après m'avoir fait tous les offres d'usage, me conduisit chez M. de Torci qui était commandant. Je lui ai montré au lieu du passeport la lettre de M. d'Affri, et tout fut dit. Quand je lui ai conté ce qui venait de m'arriver, il me fit compliment sur le bonheur que j'avais eu, mais il condamna en termes clairs l'usage que j'avais fait de ma bravoure. Il me dit que si je n'étais pas pressé de partir je les verrais peut-être pendus ; mais je voulais partir le lendemain. » (Histoire de ma vie, II, p. 251-252.)
 
 

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