Dessins de harnais pour les boureliers inventés par Baudouin
Modèles de voitures d'époque Louis XV
Jean-François Chopard, vers 1750.
Gravure, 50 x 65 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, LD-20 (B)-FOL - Planche C 3
© Bibliothèque nationale de France
« Les chevaux étaient attelés, un cheval de selle que j'avais ordonné pour moi pour aller à la Tour du Pin était prêt aussi. Après avoir pris à la hâte une tasse de café nous descendîmes, et j'ai pris congé de LL. EE. et de tout le monde. La dernière fut Marcoline que j'ai embrassée pour la dernière fois et que je n'ai revue heureuse qu'onze ans après. Après m'être détaché de sa portière j'ai monté à cheval et je me suis tenu là à la contempler jusqu'au moment où le postillon toucha. Je suis parti alors ventre à terre espérant de faire expirer le cheval et de périr avec lui ; mais la mort ne vient jamais quand le malheureux la désire. J'ai fait dix-huit lieues en six heures, et d'abord que j'ai vu le malheureux lit, que trente heures auparavant m'avait donné l'asile de l'amour, je m'y suis vite couché, n'espérant de trouver en songe ce que je ne pouvais plus posséder en réalité. J'ai cependant dormi profondément jusqu'à huit heures, et après avoir mangé avec un appétit dévorant tout ce que Cairmont m'apporta je me suis rendormi encore, et je me suis trouvé le lendemain en état de pouvoir souffrir la vie. » (Histoire de ma vie, III, p. 96-97.)
 
 

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