Dessins de harnais pour les boureliers inventés par Baudouin
Modèles de voitures d'époque Louis XV
Jean-François Chopard, vers 1750.
Gravure, 50 x 65 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, LD-20 (B)-FOL - Planche C 4
© Bibliothèque nationale de France
« À Pamploune, le voiturier Andrea Capello se chargea de ma personne et de mon équipage, et nous partîmes pour Madrid. Les premières vingt lieues ne me fatiguèrent pas, car le chemin était aussi beau qu'en France. C'était un monument qui faisait honneur à la mémoire de M. de Gages, qui après la guerre d'Italie avait eu le gouvernement de la Navarre. [...] Mais après un chemin si beau, je ne peux pas dire de l'avoir trouvé mauvais, car je n'ai plus trouvé de chemin. Des montées, des descentes inégales, pierreuses, où l'on ne voyait nulle part la moindre marque qui pût indiquer que des voitures passaient par là. Telle est toute la Vieille-Castille. On ne suppose pas que des voyageurs qui aiment leurs aises s'avisent de passer par là, ainsi je ne me suis pas étonné de n'y trouver que des mauvais gîtes, faits pour loger des muletiers qui ont le logement commun avec leurs mulets. Le seigneur Andrea avait soin de me choisir les endroits les plus logeables, et après avoir procuré tout le nécessaire à ses mulets, il allait me chercher de quoi manger par le village. Le maître de la misérable maison où nous nous arrêtions ne bougeait pas ; il me montrait une chambre et il me disait que j'étais le maître d'y dormir, et une cheminée où il me laissait le maître d'y faire du feu, allant me chercher du bois moi-même, et d'y cuire ce que je voulais manger, ne se faisant même pas une affaire de m'informer où je pouvais aller en acheter avec mon argent. Le matin du départ, je lui payais le peu qu'il me demandait pour le logement et une pezzeta por el ruido, une petite pièce pour le bruit. » (Histoire de ma vie, III, p. 566.)
 
 

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