Dessins de harnais pour les boureliers inventés par Baudouin
Modèles de voitures d'époque Louis XV
Jean-François Chopard, vers 1750.
Gravure, 50 x 65 cm
BnF, Département des Estampes et de la photographie, LD-20 (B)-FOL - Planche C 5
© Bibliothèque nationale de France
« Me tenant attentif à regarder les quatre chevaux qu'on attelait, un homme, dont je ne me soucie pas de parcourir la mine, s'approche de moi, et me demande si je voulais payer la course avant, ou à la station.
― Je payerai actuellement. Voici une Portugaise, portez-moi le reste.
― Dans l'instant.
Dix minutes après, précisément lorsque j'allais demander le reste de ma Portugaise, voilà le maître de poste qui me demande l'argent pour la course.
― J'ai déjà payé, et j'attends le reste d'une Portugaise. N'est-ce pas à vous que je l'ai donnée ?
― À moi ? Je vous demande pardon.
― À qui l'ai-je donc donnée ?
― C'est à vous à le savoir.
― Pardieu. Ce ne peut être qu'à quelqu'un de vos gens.
Je parle haut. On me fait cercle ; le maître de poste demande qui avait reçu de moi une Portugaise ; personne n'en sait rien. Je jure, je donne au diable, puis je connais mon tort, je paye une seconde fois, et je ris de l'habile fripon qui m'avait si adroitement trompé. Et voilà comment on apprend à vivre. Depuis ce jour-là, je n'ai plus payé la poste qu'à bonnes enseignes. Il n'y a point de pays où les fripons soient plus fins qu'en Italie, si nous exceptons la Grèce ancienne et moderne. » (Histoire de ma vie, II, p. 564-565.)
 
 

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