Jeu de cartes aux enseignes latines
Venise, 1753.
BnF, Département des Estampes et de la photographie, Réserve Kh-167 (173-188)
© Bibliothèque nationale de France
« 1750. Au commencement du carnaval, j'ai gagné un terno [sorte de loto] qui m'a valu trois mille ducats courants. La fortune me fit ce cadeau dans un moment où je n'en avais pas besoin. J'avais passé l'automne jouant tous les jours, mais faisant la banque. C'était à un petit casin d'associés, où aucun noble vénitien n'osait venir parce qu'un des associés était officier du duc de Montalegre ambassadeur d'Espagne. Les nobles gênent les particuliers dans un gouvernement aristocratique, où l'égalité n'existe qu'entre les membres du gouvernement. J'ai mis mille sequins dans les mains de M. de Bragadin ayant l'intention d'aller faire un voyage en France après les fêtes de l'Ascension. Dans cette idée, j'eus la force de passer le carnaval sans jamais risquer mon argent à ponter. Un patricien très honnête m'avait intéressé d'un quart dans sa banque, et le premier jour de carême nous nous trouvâmes vainqueurs d'une somme suffisante. » (Histoire de ma vie, I, p. 543.)
 
 

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