Jeu de cartes aux enseignes latines
Venise, 1753.
BnF, Département des Estampes et de la photographie, Réserve Kh-167 (173-188)
© Bibliothèque nationale de France
« Le marquis arriva, et se montra bien aise de me trouver avec elle [M. M.] et il me proposa une partie de quinze. Je l'ai prié de me dispenser, et madame dit en riant que poursuivant à éternuer ainsi il m'était réellement impossible de jouer. Nous descendîmes à dîner, et je me suis facilement laissé engager à leur faire la banque étant aussi piqué de la perte de la veille.
Je la leur ai faite, comme toujours, de cinq cents louis, et vers les sept heures j'ai annoncé à toute la compagnie la dernière taille malgré que ma banque s'était diminuée de deux tiers. Mais le marquis et deux autres forts joueurs, s'étant mis à l'entreprise de me faire sauter, la fortune me favorisa si fort qu'à la fin je me suis trouvé refait et vainqueur de deux ou trois cents louis. Je suis parti promettant à la compagnie de faire la même banque le lendemain. Toutes les dames avaient gagné parce que Desarmoises avait ordre de ne jamais corriger leur jeu tant qu'il ne le verrait pas gros. » (Histoire de ma vie, II, p. 461.)
 
 

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